Nicaragua: un ccopérant fribourgeois de (030693)
Plusieurs chefs d’accusations retenus après l’explosion du dépôt d’armes
Vive réaction de FSF qui défend l’innocence de son collaborateur
Managua/Fribourg, 3juin(APIC) Un volontaire fribourgeois, Dominique Ruegsegger, de Sugiez, travaillant comme volontaire au Nicaragua pour le
compte de Frères sans Frontières (FSF), est détenu depuis le 25 mai par la
Sécurité d’Etat du Nicaragua, a confirmé jeudi à Fribourg l’organisation
romande Frères sans Frontières. La nouvelle de l’arrestation du collaborateur de ce Service chrétien pour le développement a été communiquée le 27
mai à FSF, qui a immédiatement réagi auprès des autorités du Nicaragua pour
faire part de sa surprise et de sa consternation. Informé de cette arrestation, un des frères du coopérant s’est immédiatement rendu au Nicaragua.
Berne, qui confirme l’arrestation du collaborateur de FSF, déclare suivre l’affaire. "Nous sommes en contact avec les autorités concernées, avec
l’ambassade suisse de San José au Costa Rica ainsi qu’avec FSF".
Dominique Ruegsegger, 39 ans, marié à une Nicaraguayenne, avait été envoyé dès décembre 1986 au Nicaragua par FSF en qualité de coopérant et
fonctionne actuelement au Centre d’éducation et de promotion agraire (CEPA)
de Santa Teresa, cela sur la base d’un projet de développement préalablement évalué à Berne par la Direction de la Coopération au développement et
de l’aide humanitaire (DDA). Dominique Ruegsegger a été arrêté le 25 mai à
la suite de l’explosion d’un dépôt d’armes et de munitions survenue le dimanche 23 mai à proximité du garage où sa voiture était en réparation. Le
volontaire fribourgeois est notamment accusé de détention d’armes, d’association illicite, et d’homicide.
Plusieurs manifestations de soutien au coopérant suisse ont depuis été
organisées à Managua. Son arrestation et sa détention ont en outre suscité
la vive réprobation de la présidente du Centre nicaraguayen des droits de
l’homme, Vilma Nunez, qui s’interroge et n’hésite pas à qualifier cette affaire de complot.
L’affaire fait actuellement la une de la presse locale. Plusieurs autres
arrestations auraient également été opérées. Des missiles terre-air, un important armement d’infanterie, des explosifs et des projectiles d’artillerie figuraient parmi le matériel découvert par la police dans une cache
souterraine proche du garage. Sur les lieux de l’explosion, la police aurait en outre trouvé quelque 308 passeports, la plupart déchiquetés, dont
cinq porteraient une couverture suisse.
FSF ne doute pas de l’innocence de son coopérant
Selon FSF, Dominique Ruegsegger s’est rendu au garage deux jours avant
l’explosion pour y faire réparer sa voiture, qu’il devait récupérer le soir
même. L’établissement en question est chargé des réparations des voitures
des différentes ONG en place au Nicaragua. Le samedi, soit un jour après,
le coopérant, toujours sans voiture, s’est rendu à une réunion du CEPA. Il
n’apprendra que le dimanche, par la bouche de son mécanicien, la destruction de sa voiture. Après s’être immédiatement rendu sur les lieux pour
constater les dégâts de son véhicule, Dominique Ruegsegger a repris son
travail dès le lundi, avant d’être interpellé le mardi pour les besoins de
l’enquête, puis inculpé.
Frères sans Frontières suit de très près la situation. Ainsi que le consul honoraire de Managua et l’ambassade suisse de San José au Casta Rica.
FSF a en outre informé la Direction de la Coopération au développement et
de l’aide humanitaire, qui finance en partie les volontaires envoyés par
FSF. L’organisation romande, qui ne doute pas de l’innocence et de la bonne
foi de son coopérant, enverra ces jours un de ses représentants au Nicaragua. "La voiture de Dominique Ruegsegger, écrit FSF, figurait parmi les 18
autres stationnées au garage au moment de l’explosion". FSF s’étonne d’autant plus que son collaborateur au Nicaragua est objecteur de conscience.
FSF, avec ses quelque 50 coopérants qui travaillent à des projets dans
14 pays, emploie actuellement trois volontaires au Nicaragua, dont Dominique Ruegsegger. A l’instar d’autres organisations non gouvernementales,
l’organisation chrétienne romande est liée par un contrat avec le Ministère
de la Coopération externe. Contrat prolongé en 1989 puis récemment confirmé.
Selon des sources gouvernementales, les armes pourraient provenir de Colombie ou du Costa Rica. D’autres sources mentionnent le Salvador. Certaines dépêches font en outre état de trafic de passeports. (apic/pierre rottet)