Nicaragua : réconciliation armée à Puerto Cabezas (250188)
Puerto Cabezas, 25janvier(APIC) Alors que Brooklyn Rivera, le leader du
front sud des insurgés miskitos du Nicaragua se trouve en ce moment à Managua pour des pourparlers de paix, la cohabitation entre les Indiens miskitos qui ont pris les armes contre le gouvernement et l’armée sandiniste a
déjà commencé dans la ville portuaire de Puerto Cabezas, sur la Côte Atlantique du Nicaragua. Comme le rapporte dans son dernier bulletin d’information le Service "Paix et Justice" du Nicaragua (SERPAJ) - une organisation
non-violente fondée par le Prix Nobel de la Paix Pérez Esquivel et regroupant des chrétiens nicaraguayens de diverses obédiences - dans la deuxième
ville en importance de la Côte Atlantique, "contras" en armes et soldats
sandinistes se côtoient pacifiquement.
Depuis qu’Uriel Vanegas, jeune commandant en second d’une unité rebelle
composée d’Indiens Miskitos en rébellion contre le pouvoir central de Managua, a accepté à la fin de l’année dernière l’amnistie proposée par le gouvernement, 400 de ses hommes ont cessé la lutte. Ainsi, depuis quelques
mois, dans les rues de Puerto Cabezas, on peut voir à toute heure du jour
des Indiens aux cheveux longs, se promener en armes et en uniforme des
"contras" en présence de soldats sandinistes. Selon le mouvement chrétien
"Paz y Justicia", qui s’est engagé depuis plusieurs années pour la réconciliation entre les Indiens insurgés et le gouvernement et qui a participé
aux discussions sur l’autonomie de la Côte Atlantique, cette coexistence
montre la volonté du gouvernement de pacifier la région, comme le veulent
les Accords de Paix d’Esquipulas II, mais crée également des problèmes au
sein de la population civile. Certains habitants de Puerto Cabezas se
plaignent maintenant de vols et même de tentatives de viol de la part des
"desalzados", les "contras" qui ont accepté le cessez-le-feu. Plusieurs
"brebis galeuses" passent en effet leur temps à boire de l’alcool et à importuner les filles, relève le SERPAJ.
Selon le SERPAJ, il faudrait clarifier la situation et réduire ces bandes armées au rôle de milices soumises à l’armée gouvernementale, car la
Constitution ne prévoit dans le pays qu’une seule armée, l’Armée populaire
sandiniste. En effet, d’autres groupes armés désirant se rendre ont exprimé
le voeu à plusieurs "Commissions de Paix de la Côte Atlantique" de jouir
des mêmes privilèges que les hommes d’Uriel Vanegas ou du "Commandant Panthère" : conserver leurs armes et leur équipement militaire. (apic/serp/be)