Nicaragua : Le gouvernement demande le soutien (150889)
Managua, 15août(APIC) Le président nicaraguayen Daniel Ortega a demandé
lundi 14 août au cardinal Obando y Bravo, archevêque de Managua, la participation de l’Eglise catholique à la Commission chargée de vérifier la démobilisation de la contra. Selon les accords conclus la semaine dernière à
Tela au Honduras par les chefs d’Etat d’Amérique centrale, cette Commission
Internationale d’Appui et de Vérification (CIAV) sera notamment composée de
représentants de l’Organisation des Etats Américains (OEA) et de l’ONU.
Le président Ortega a signalé que le cardinal Obando a insisté à plusieurs reprises sur la nécessité d’une amnistie et a indiqué que l’Eglise
pourrait collaborer à la démobilisation et à la réintégration des ex-contras installés au Honduras. C’est dans ce contexte que le chef de l’Etat
nicaraguayen a fait connaître la présentation par l’Union nationale des
Agriculteurs et Eleveurs (UNAG) d’une liste de 800 personne dont elle demande la libération prochaine. Cette liste comporterait en fait quelque
1200 noms.
"Nous sommes frères et le peuple du Nicaragua mérite la paix, il faut
travailler dans un esprit de réconciliation", a souligné Daniel Ortega, qui
a appelé la presse à laisser tomber le discours agressif de ceux qui ne
veulent pas la démobilisation de la contra, les bandes armées rebelles toujours soutenues par les Etats-Unis. Les actions armées de la contra ont
coûté ces dernières années la vie de plusieurs dizaines de milliers de civils, dont plus d’une dizaine de coopérants étrangers (et parmi eux les
Suisses Maurice Demierre et Yvan Leyvraz).
Le cardinal Obando y Bravo a fait savoir de son côté qu’il a reçu de manière officielle de la part du président Ortega la copie des accords souscrits avec les 21 partis politiques nicaraguayens le 4 août et ceux de Tela, au Honduras, signés le 7 août dernier. L’archevêque de Managua a déclaré que la demande d’Ortega sera examinée durant la prochaine réunion de la
Conférence épiscopale "et nous verrons dans quelle mesure nous pourrons aider". Il a souligné encore que l’amnistie des prisonniers est un pas important en direction de la fraternité et de la réconciliation entre les Nicaraguayens. (apic/ann/be)