"Entraide et Fraternité" analyse la situation
Managua/Bruxelles, 14juillet(APIC/CIP) Le 19 juillet 1979, les opposants
au dictateur Somoza au Nicaragua entraient victorieusement dans la capitale
Managua. Après 10 ans de "Révolution sandiniste", où en est-on? "Rien n’est
définitivement gagné, ni perdu", estime-t-on à "Entraide et Fraternité",
une organisation chargée des campagnes de Carême de partage en Belgique.
"1988 fut l’année de trois secousses", explique le dernier "Flasch" diffusé par "Entraide et Fraternité", dans son édition datée du 15 juillet:
"L’ouragan Juana en octobre, les bouleversements dus à la crise économique,
les débats avec les voisins centro américains qui entraînent de nouvelles
obligations".
Une inflation de plus de 20’000% fin 1988, des destructions équivalant à
la perte de quinze ans d’exportation: aujourd’hui il faut réorganiser et
remettre en route. C’est à quoi s’emploie sur place les partenaires d’"Entraide et Fraternité". L’idée est partout la même: donner aux gens les
moyens de se débrouiller.
"De différents organismes et pays nous arrivent, en gestes de solidarité, d’importantes aides matérielles pour les sinistrés du cyclone", témoignent deux religieuses belges. "Dans les différents villages de notre zone,
nous organisons des répartitions aux groupes responsables de la distribution qui, après, deviennent des équipes promotrices d’un projet. Ce qui est
réparti est vendu à un prix modique. L’argent recueilli devient une aide
pour l’école, pour la reconstruction d’un chemin... suivant la nécessité de
chaque village".
Réformes en cours
En 1989, l’économie nicaraguayenne va un peu mieux: l’inflation mensuelle a atteint 20%, les taux d’intérêt aux producteurs agricoles ont baissé
et la production remonte pour le riz, le maïs, les haricots. Une place plus
grande a été faite à l’économie de marché, mais avec le risque que les plus
pauvres en fassent les frais, observe-t-on là-bas. Restent les problèmes de
l’emploi (l’Etat a dû licencié 20’000 fonctionnaires) et des salaires. "En
réalité, c’est un modèle de développement réaliste et viable qu’il faut
trouver", souligne-t-on à "Entraide et Fraternité". C’est alors que l’aide
extérieure, insuffisante jusqu’à présent, pourra être utilisée avec une
plus grande efficacité".
Des réformes sont sensibles aussi sur le plan politique. En février, Daniel Ortega, président du Nicaragua, a obtenu des pays voisins qu’ils cessent d’aider les groupes armés de la "contra" qui attaquent le pays. En
échange, il a promis des changements: de nouvelles lois sur la presse, les
élections, et plus d’autonomie au sein des partis politiques. (apic/cip/pr)