Nicaragua: colère des Eglises évangéliques contre le gouvernement (191092)
Managua, 19octobre(APIC) Une alliance conclue entre l’Eglise catholique
romaine et le gouvernement de Violeta Barrios de Chamorro est vivement contestée par de nombreux protestants nicaraguayens. Même s’ils représentent
plus de 15% de la population, les évangéliques n’occupent aucun poste important au sein de l’administration Chamorro, alors que plusieurs catholiques conservateurs occupent de hautes fonctions, constatent-ils.
Pour les évangéliques, l’adjonction de textes de catéchisme aux livres
scolaires, l’utilisation des fonds publics pour la construction de la noucelle cathédrale de Managua, et de fonds et de biens publics pour une nouvelle Université pontificale, sont contraires à la séparation de l’Eglise
et de l’Etat garantie par la Constitution.
La récente décision de soumettre à l’impôt les activités des évangéliques, qui ne concerne pas "exclusivement le culte", a encore aggravé ces
tensions. Dans une lettre adressée le 21 août au ministre Antonio Lacayo,
le président du Conseil des Eglises évangéliques du Nicaragua Gustavo Parajon a déploré "la partialité évidente du gouvernement en faveur de l’Eglise
catholique romaine".
Lors d’une réunion tenue le 25 août avec les responsables d’Eglise, à
laquelle le ministre Lacayo n’a pas assisté, ses représentants ont affirmé
que le gouvernement ne voulait aucun mal aux évangéliques. Cependant, pour
le vice-ministre des Finances Leonel Rodriguez, l’hôpital baptiste de Managua est imposable en tant qu’"activité commerciale". Alors que la nouvelle
Université catholique devrait être exonérée d’impôts parce qu’elle sert la
communauté.
"Si l’hôpital - dont les services aux pauvres fait partie de notre mission en tant qu’Eglise - devait payer des impôts, a expliqué Tomas Tellez,
reponsable de la Convention baptiste du Nicaragua, il n’aurait plus qu’à
fermer".
Surpris par l’ampleur de la désapprobation, le vice-ministre des Finances a promis d’organiser une autre réunion pour débattre des nouvelles mesures. Mais les responsables d’Eglise doutent que le gouvernement abandonne
sa position. "Si le gouvernement ne revient pas sur celle-ci, a déclaré
Gustavo Parajon, les Eglises porteront le cas devant la Cour Suprême".
(apic/bip/pr)