"S’il s’était agi de la Pologne..."
New York, 30septembre(APIC) Un an, jour pour jour, après son renversement
par un coup d’Etat militaire, le président élu d’Haïti, le Père Jean-Bertrand Aristide, s’en est pris violemment au Vatican, seul Etat à avoir reconnu le régime ursurpateur. Il a parlé à cette occasion de "scandale" et
s’est demandé "quelle aurait été l’attitude du Vatican si Haïti était habité par des Blancs ou s’il s’était agi de la Pologne".
S’exprimant devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le président
haïtien en exil n’a pas mâché ses mots. Au moment où plusieurs milliers de
personnes manifestaient devant le siège de l’Organisation à New York, l’ancien salésien a rappelé que le Saint-Siège est le seul Etat à avoir reconnu
l’actuel régime haïtien, quand il aurait dû le condamner "au nom de Dieu,
de la justice et de la paix".
L’attitude du Saint-Siège avait déjà été dénoncée mardi à Rome par JeanFrançois Claude, ministre de la Santé et de la Population du gouvernement
Aristide. En visite dans la capitale italienne, ce dernier a reproché au
Vatican de ne pas dénoncer la répression dont sont victimes des prêtres et
des religieux en Haïti. Il a en outre déploré l’attitude du nonce apostolique, Mgr Lorenzo Baldisseri, "apparemment insensible aux souffrances de 90%
de la population".
Selon l’ancien ministre de la Santé, Jean Paul II est "probablement mal
informé". Mais il a relevé aussi que l’actuel évêque de Jérémie, Mgr Willy
Romélus - qui a échappé à un attentat cinq jours plus tôt - a envoyé un
rapport au pape pour réclamer son soutien contre l’injustice qui frappe le
peuple haïtien, un rapport resté jusqu’à ce jour sans réponse, a-t-il indiqué. (apic/cip/ba)