New York: le pape ira en Afrique du Sud, (150988)
Le président de "Justice et Paix" condamne la RENAMO
New York, 15septembre(APIC) A la veille de l’arrivée du pape Jean Paul II
au Mozambique, le cardinal Etchegaray, président de la Commission pontificale "Justice et Paix", a condamné sans ambage la violence destructrice de
la guérilla de la RENAMO jeudi à l’occasion d’une interview accordée à la
chaîne TV française Antenne 2.
De l’ONU à New York, ou il présente en compagnie de Perez de Cuellar
l’encyclique du pape "Sollicitudo rei socialis" sur le développement, le
cardinal Etchegaray a encore déploré les incidents qui ont perturbé la visite pastorale de Jean Paul II au Lesotho et assuré que le pape, malgré sa
réprobation de l’apartheid, "ira bien un jour en Afrique du Sud". Le prélat
français est d’avis que les catholiques de ce pays, qui souhaitent une visite de Jean Paul II, ne doivent pas être frustrés dans leur attente.
Collaboration de l’Eglise avec le régime marxiste de Maputo
Envoyé par le pape Jean Paul II il y a un an pour accomplir une mission
humanitaire et pastorale au Mozambique, pays ou le pape devrait arriver
vendredi dans la soirée, le cardinal Etchegaray a relevé qu’il y avait encore 70 % d’analphabètes dans ce pays et ils étaient encore 90 % il y a dix
ans. (Peu après le départ des colonisateurs portugais ndr). Selon l’UNICEF,
a-t-il encore relevé, la mortalité infantile est l’une des plus hautes du
monde. Si les dirigeants sont bien conscients de ce problème, a-t-il souligné, la guérilla sème partout sa violence aveugle. "Elle détruit les
points vitaux du pays, les centrales électriques, les récoltes..." Et la
terreur répandue dans le pays par la guérilla a provoqué une immense vague
de réfugiés. Il a relevé qu’à l’intérieur même du pays, il y avait 2 millions de personnes déplacées sur une population totale de 14 millions d’habitants.
Pour le cardinal Etchegaray, c’est dans ce dernier pays que la visite du
pape prend sa signification la plus importante : le pape apportera un message du paix, et de souligner que "la paix, c’est la clé de l’avenir de ce
pays". Concernant le dialogue qui semble, après des temps difficiles pour
l’Eglise dans la période de décolonisation, se renouer entre l’Eglise
catholique et le régime marxiste en place à Maputo, le président de la Commission "Justice et Paix" a déclaré que ce n’était pas le premier endroit
ou s’instaure un dialogue entre l’Eglise et un régime marxiste, régime qui,
souligne-t-il, a reconnu les erreurs qu’il avait commises à l’égard de
l’Eglise.
Cette condamnation de la RENAMO vient après que l’administration Reagan
ait revu son attitude face à cette guérilla anti-marxiste. Roy Stacey,
sous-secrétaire d’Etat américain chargé des Affaires africaines, a déclaré
en avril dernier que "ce qui se passe au Mozambique est l’un des holocaustes les plus brutaux depuis la seconde guerre mondiale". Roy Stacey a encore affirmé que "la RENAMO a engagé une guerre de terreur systématique et
brutale contre des civils mozambicains innocents, incluant le travail
forcé, des massacres et la mort par épuisement". Les accusations du responsable américain sont basées sur un rapport rédigé par Robert Gersony, et
publié par le Département d’Etat américain. Selon cet expert mandaté par
l’administration Reagan, 100’000 civils ont été tués par le RENAMO "dans
une période de quelques mois entre 1987 et 1988". (apic/be)