Neuchâtel: votation du 17 mai sur les manipulations génétiques (010592)
Neuchâtel, 1ermai(APIC) A l’occasion de la votation fédérale du 17 mai
sur les manipulations génétiques, quatre Eglises du canton de Neuchâtel ont
réussi à se mettre d’accord sur un texte de réflexion, sans toutefois donner de consigne de vote. Les Eglises réformée évangélique, catholique-romaine, catholique-chrétienne et mennonite, ne se sont pas contentées de
formules générales ou vagues, mais sont entrées résolument dans la problématique.
Après avoir rappelé que l’homme a été crée par Dieu et établi comme intendant de la création, la déclaration insiste sur le droit de l’enfant, le
respect de l’embryon, l’importance du milieu familial ainsi que l’humilité
et la responsabilité de l’être humain vis-à-vis des autres créatures.
Les Eglises, face aux choix difficiles devant lesquels la société est
placée par les progrès de la technique, "ne veulent ni ne peuvent offrir
des réponses toutes faites ou des consignes de vote à la manière des partis
politiques." D’ailleurs, les Eglises ne cachent pas leurs divergences sur
certains points, mais elles entendent réaffirmer quelques principes fondamentaux de leur compréhension de l’être humain.
L’homme créé par Dieu
"Nous croyons que l’homme est créé par Dieu". Telle est l’affirmation de
base du document neuchâtelois. Cette condition lui impose des limites qu’il
n’arrivera jamais à abolir totalement: "Il est appelé à accepter cette finitude et à abandonner ses rêves de toute-puissance." Mais Dieu confie la
création à l’être humain pour qu’il la gère de façon responsable. "Tout ce
qu’il entreprend doit être placé sous le signe du respect et du service et
non pas d’une exploitation égoïste." Le texte souligne ensuite la singularité de chaque personne et sa valeur inestimable.
Les Eglises neuchâteloises évoquent la souffrance profonde que représente la stérilité pour les couples. "Cependant, déclarent-elles, le droit
d’être aidé par la communauté, n’équivaut pas au droit d’avoir un enfant à
tout prix. C’est le bien de l’enfant à naître (droit de l’enfant) qui est
premier, et non la satisfaction du désir des parents (droit à l’enfant).
L’enfant devrait rester quelqu’un qu’on accueille et non quelqu’un dont on
exige la présence coûte que coûte." Par analogie, les Eglises attendent que
l’on se soucie de la protection de l’embryon qui ne doit pas être considéré
comme un objet sur lequel on peut librement faire de la recherche ou que
l’on peut donner ou même vendre à sa guise.
Le recours aux techniques de procréation assistée peut aussi modifier la
conception de la famille. On veillera, souligne le document, à ne pas faire
naître un enfant en dehors d’un cadre familial stable. On prendra compte
aussi des difficultés que peut présenter le recours à un donneur extérieur
tant pour l’équilibre du couple que pour la croissance harmonieuse de l’enfant.
Des millions d’enfants meurent faute de soins dans les pays du sud
Les Eglises rappellent encore que "les techniques sophistiquées dont
nous parlons sont développées à grand prix dans l’hémisphère nord . Dans
d’autres parties du monde, et même chez nous, innombrables sont les personnes et en particulier les enfants, qui souffrent ou meurent faute d’avoir
accès à un minimum de soins".
Un dernier paragraphe est consacré à la notion de responsabilité qui
concerne la société dans son ensemble et non pas les seuls spécialistes. A
propos de la législation dans ce domaine, les Eglises dénoncent deux
écueils: "d’une part tout interdire, en cédant à la panique; d’autre part
se contenter d’une réglementation trop faible au nom d’une tolérance inconditionnelle". Enfin les Eglises rappellent que la loi et la morale sont
placées sur deux niveaux différents. Le fait de ne pas sanctionner un comportement ne veut pas dire nécessairement qu’on l’approuve moralement.
(apic/spp/mp)