Neuchâtel: services funèbres et non-chrétiens (020389)
Neuchâtel, 2mars(APIC) Si la présence de personnes de confessions non
chrétiennes ne pose aucun problème du point de vue religieux, des questions
pratiques peuvent tout de même se poser lors d’un décès. Faut-il un service
funèbre, et, si oui, ou doit-il avoir lieu, et sous quelle forme? Interpellé à ce sujet par le Centre social protestant (CSP), le Conseil synodal
de l’Eglise réformée évangélique neuchâteloise (EREN) a diffusé, en ce
début d’année, une circulaire qui trace le cadre des interventions souhaitées et possibles de l’Eglise.
Le CSP a été sollicité pour assister dans leur deuil des familles de
deux personnes de religion bouddhiste. Ces familles souhaitaient que le
service funèbre soit présidé par un officiant de leur religion, et, par
souci d’intégration dans leur commune de domicile, que l’Eglise y manifeste
sa présence. Dans les deux cas, un officiant chrétien était présent et
s’est manifesté à côté de l’officiant bouddhiste. Comme de telles situations pourraient se produire plus souvent, le CSP souhaitait disposer de
l’avis de l’Eglise. Une manière de prendre les devants pour assurer ses arrières. Si, par exemple, l’usage d’édifices publics comme les chapelles des
cimetières ne présente pas de difficultés, d’autres solutions peuvent
s’avérer nécessaires dans les communes qui en sont dépourvues. Dans sa
réponse sous forme de circulaire, le Conseil synodal indique que l’accompagnement des familles "fait partie de la diaconie de l’Eglise à l’égard
des endeuillés" et ajoute qu’"il ne voit aucun inconvénient à ce que les
paroisses, dans un souci de charité chrétienne, mettent à disposition leurs
locaux paroissiaux ou leur église pour des cérémonies funèbres".
Liturgie tout terrain
Cet encouragement à l’accompagnement a pourtant ses limites: le Conseil
synodal "ne juge pas indispensable que la présidence d’un tel service funèbre soit assumé par un pasteur ou un diacre". Le CSP se déclare satisfait
par ses réponses de principe. Il a d’ailleurs rédigé une liturgie susceptible d’être utilisée aussi pour l’ensevelissement d’un membre de l’Eglise,
mais dont le préambule clarifie les choses quant aux convictions de la personne décédée. "Nous ne voulons pas avoir l’air de faire de la récupération, commente le pasteur Francis Berthoud, directeur du CSP. Ce n’est
d’ailleurs pas un problème nouveau: les pasteurs des paroisses sont assez
souvent sollicités pour le service funèbre de personnes détachées de
l’Eglise ou de convictions athées. Il s’agit alors de déclarer clairement,
au cours du service, que le décédé ne partageait pas la confession de foi
chrétienne".
De fait, le CSP est un indispensable facteur d’intégration pour les
réfugiés notamment, et la religion n’a jamais constitué un obstacle. Cette
intégration est souvent facilitée aussi par des laïcs, proches des réfugiés
dans leurs communes de domicile. Francis Berthoud rappelle que, du point de
vue théologique, il n’est nullement indispensable que le service funèbre
soit célébré par un ministre consacré par l’Eglise. Au siècle dernier encore, il n’était pas rare que les cérémonies funèbres soient présidées par
des laïcs, souvent l’instituteur du village. (apic/spp/pr)