Neuchâtel: malgré la crise financière, le Synode de l’EREN refuse (180393)
Neuchâtel, 18mars(APIC) Réuni en session de relevé, mercredi 17 mars au
Temple de La Coudre à Neuchâtel, le Synode de l’Eglise réformée évangélique
du canton de Neuchâtel (EREN) devait se pencher une nouvelle fois sur les
finances de l’Eglise. Dans son rapport le Conseil synodal, l’exécutif, proposait plusieurs mesures nouvelles pour améliorer les recettes. La stratégie de démarchage auprès des contribuables réformés les plus fortunés du
canton a toutefois suscité une levée de boucliers telle que le Conseil synodal a décidé de retirer son projet. En revanche, les 78 délégués présents
ont approuvé l’idée d’une campagne de prêts sans intérêts et de dons à
l’occasion de la Journée de l’Offrande, destinée à renflouer la Caisse centrale de l’Eglise.
Les canaux traditionnels d’information, lettres, circulaires, affiches,
ont démontré leurs limites. Pour mieux sensibiliser les contribuables réformés au soutien financier à l’Eglise, le Conseil synodal a présenté au
Synode, l’organe législatif, des mesures plus offensives: entretiens avec
les personnes morales (entreprises) dont la taxation est la plus élevée et
démarches personnalisées auprès des 10 contribuables les plus fortunés de
chaque paroisse. Le but est l’amélioration des recettes, mais aussi la présentation du travail de l’EREN et le rappel de la nécessité de maintenir la
présence de l’Eglise dans le canton, tout particulièrement dans la période
de crise économique qu’il connaît.
Si le principe de rencontres entre chefs d’entreprises et Conseil synodal, en collaboration avec les deux autres Eglises reconnues (catholiqueromaine et catholique-chrétienne) a été admis, en revanche le démarchage
auprès de particuliers a suscité moult questions. De nombreux députés ont
dit leur malaise face cette proposition. Protection des données, problèmes
éthiques, difficulté de trouver des "démarcheurs" parmi les conseillers de
paroisses, répugnance à toujours parler d’argent, autant d’arguments qui
ont conduit au retrait de cette proposition. En dépit de l’urgence dictée
par la situation - déficit de 1,6 million pour 1992, perte non comblée de
1’700 contribuables réformés durant l’exercice fiscal 1990/1991 -. Le conseiller synodal Jacques Péter a cependant relevé l’augmentation encourageante des rentrées de la contribution ecclésiastique pour les personnes physiques.
Dans le souci de promouvoir l’oecuménisme à la base, le Synode a accepté
d’encourager la mise au point et l’usage d’une liste de prières d’intercessions communes aux Eglises partenaires du canton. Il s’est rallié aux principes précisés par le Conseil synodal quant l’usage du "label EREN". Enfin,
le Synode s’est prononcé pour le maintien des termes "pasteurs" et "diacres", qu’une motion proposait de remplacer dans la composition des commissions par "employés de l’EREN", pour éviter une sur-représentation des professionnels de l’EREN, au détriment des "simples laïcs". (apic/spp/com/mp)