Neuchâtel: les requérants d’asile poursuivent la grève de la faim (060289)
Neuchâtel, 6février(APIC) Les quelque 50 requérants d’asile de nationalité turque autorisés dimanche à occuper la salle de paroisse réformée des
Valangines à Neuchâtel poursuivaient lundi 6 février leur grève de la faim
commencée il y a 13 jours. Cette solution est qualifiée de provisoire par
les responsables de l’Eglise réformée évangélique neuchâteloise (EREN).
Cette dernière a donc pris momentanément en charge ces demandeurs d’asile
qui se trouvaient jusqu’à samedi au centre fédéral de Gorgier(NE). Cet incident s’inscrit dans le prolongement d’une autre occupation de réfugiés ,
celle survenue mardi 31 janvier à l’Eglise réformée d’Interlaken.
Nous avons posé nos exigences, a déclaré à l’agence APIC le pasteur
Jean-Jacques Beljean, membre de la paroisse réformée et président du Conseil synodal de l’EREN. Cela veut dire "que nous avons éliminé tous les
éléments politiques, c’est-à-dire les sympathisants qui entouraient l’église dimanche et que nous jugions indésirables en même temps que nous avons
écarté les gens qui les avaient manipulés, car j’ai le sentiment qu’il ont
été manipulés", accuse le pasteur Beljean qui précise :"Nous nous limitons
en fait un peu à la parabole du bon samaritain".
Selon le pasteur, les requérants d’asile sont déterminés à poursuivre
leur action. Plusieurs parmi ceux-ci ont d’ores et déjà été examinés par un
médecin. Quoi qu’il en soit, ils sont suivis par des gens qui appartiennent
aux paroisses réformées et catholiques de la ville de Neuchâtel qui assument solidairement une permanence. A ce propos, le Conseil synodal de
l’EREN et les représentants des Eglises catholique chrétienne et catholique
romaine du canton de Neuchâtel avaient harmonisé en décembre dernier leurs
positions vis-à-vis du problème des réfugiés.
Les revendications des grévistes de la faim de la paroisse des Valangines sont au nombre de trois, assure le pasteur Jean-Jacques Beljean. Ils
réclament le retour à l’ancienne procédure (procédure accélérée, dite 88);
la suppression des "irrégularités dans cette même procédure"; enfin, une
série de questions pratiques par rapport au centre de Gorgier, lequel, selon eux, ne serait pas bien organisé. "Nous n’entrons pas en matière sur le
premier point", déclare le pasteur Beljean qui ajoute: "En tant qu’Eglise,
nous tenons à l’observation de la loi telle que cette dernière est définie
par les autorités et votée par le peuple. Nous avons par contre transmis au
conseiller fédéral Arnold Koller les témoignages des requérants d’asile sur
la question des irrégularités dénoncées. Nous avons constaté qu’elles
semblent être la cause de cette grève de la faim".(apic/pr)