Neuchâtel: les Eglises du canton interpellent les contribuables (060990)
Neuchâtel, 6septembre(APIC) La récente révision de la fiscalité dans le
canton de Neuchâtel n’a pas les mêmes conséquences pour tous: elle entraîne
certes une réduction heureuse pour les contribuables neuchâtelois, mais
fait aussi des victimes: les Eglises. Cela parce que la contribution ecclésiastique, en raison du régime de séparation de l’Eglise et de l’Etat, est
calculée en proportion de l’impôt. Un impôt qui a baissé et qui cause aux
Eglises une perte de quelque 900’000 francs. D’où le cri d’alarme lancé
mercredi conjointement par les Eglises chrétiennes neuchâteloises (catholique romaine, catholique-chrétienne et réformée évangélique): "Hé! Votre
Eglise vous appelle, pour être là quand vous l’appelez. Votre contribution
lui est indispensable".
Cette interpellation, faite à l’attention des 40’000 contribuables du
canton de Neuchâtel qui se déclarent catholiques ou protestants, figure au
haut d’un feuillet explicatif que diffusent les Eglises chrétiennes neuchâteloises dans le cadre d’une campagne d’information lancée mercredi au
cours d’une conférence de presse. Une campagne qui a pour but de dire que
la contribution de chacun est nécessaire pour permettre aux Eglises d’assumer leurs responsabilités: baptêmes, mariages, services funèbres, catéchisme, visites et assistance aux malades et aux personnes âgées, accueil, formation, soutien des institutions à caractère social.
Le canton de Neuchâtel compte 52,8% de protestants et 39,3% de catholiques. Toutes Eglises chrétiennes confondues, une somme de 31 millions de
francs a été facturée aux contribuables chrétiens en 1989 (15% de leur impôt cantonal). La contribution n’étant pas obligatoire, seul un tiers a été
perçu. Ce qui revient à dire que moins de deux catholiques sur cinq et que
trois protestants sur cinq se sont acquittés de l’impôt d’Eglise.
Assainir les finances
Une diminution des ressources financières est pour l’Eglise réformée
évangélique neuchâteloise durement ressentie. Avec 57 paroisses, 5 institutions sociales et de formations, une quinzaine de ministères spécialisés et
trois communautés, son budget annuel est déficitaire; il dépasse les 9,7
millions de francs malgré les salaires relativement modestes des pasteurs,
les plus bas de Suisse.
Même situation pour l’Eglise catholique, qui compte 19 paroisses, 7 missions linguistiques, 33 prêtres, 15 religieuses et religieux, 22 laïcs salariés et plusieurs centaines de bénévoles. Son budget annuel est de 3,5
millions de francs. Celui-ci est généralement équilibré, mais des augmentations salariales sont nécessaires. La réalité des chiffres montre qu’un
prêtre gagne un salaire net de 2’270 francs et que le 72% des dépenses est
réservé aux traitements des 80 personnes salariées.
Dès lors comment faire pour que les Eglises chrétiennes neuchâteloises
retrouvent des finances plus saines, compte tenu qu’elles ont écarté la solution d’une augmentation du taux fiscal ou d’une diminution des salaires?
La campagne d’information et de sensibilisation commencée mercredi pourrait
apporter un premier élément de réponse. (apic/ll/pr)