Neuchâtel: Les Eglises du canton (110991)
Neuchâtel, 11septembre(APIC) Depuis 1943, l’année où, dans le canton de
Neuchâtel, a été prononcée la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le contribuable est libre de payer ou non l’impôt ecclésiastique, soit la part
(8% de l’impôt de l’Etat) revenant à l’Eglise dont il est membre.
Jusqu’à 1989, les Eglises catholique et réformée du canton ont réussi péniblement il est vrai - à nouer les deux bouts avec cet apport volontaire. Au début de l’année dernière, elles ont été mises en alerte par une décision du Grand conseil d’abaisser le taux de l’impôt cantonal, décision
qui aurait immanquablement eu comme résultat de provoquer une diminution de
l’impôt ecclésiastique. Une commission inter-Eglises composée de membres de
l’Eglise catholique romaine, de l’Eglise réformée évangélique et de l’Eglise catholique chrétienne s’est alors mise à la recherche d’une solution
permettant de compenser un manque à gagner global estimé à quelque 900’000
francs.
C’est ainsi qu’avec la collaboration d’une entreprise spécialisée, les
Eglises neuchâteloises ont lancé, en 1990, une campagne commune de sensibilisation de leurs membres. Publicité dans les journaux et à la radio locale, affichage et lettres personnelles (plus de 75’000!) allaient permettre
de réduire à 120’000 francs la perte prévisible. C’est dire que l’appel a
été entendu, même s’il reste encore beaucoup à faire pour obtenir une réponse massive des fidéles.
A ce propos, certains chiffres sont révélateurs. Si, chez les protestants, 43,5% des membres ont payé tout ou partie de leur impôt ecclésiastique en 1990 contre 42,52% en 89, les catholiques ont fait preuve de
moins d’empressement avec un répondant de 24’56% contre 23’88% en 89. Globalement, l’Eglise réformée a encaissé 5,2 millions de francs sur une facturation de 16 millions, tandis que l’Eglise catholique a dû se contenter
de 1,7 million sur plus de 10 millions de francs facturés. Cette différence
de proportions est essentiellement due au fait que de nombreux catholiques
proviennent de communautés étrangères où l’on n’a pas l’habitude de l’impôt
ecclésiastique. Il y a probablement là un effort particulier à faire sur le
plan de l’information.
Campagnes en deux phases
Les besoins des Eglises restant grands et augmentant même au fil des ans
- on leur demande toujours plus de présence -, il a été décidé de lancer
une nouvelle campagne financière commune. Celle-ci, copie quasi conforme de
la première, a débuté cette semaine. Elle se déroulera en deux phases, la
première se terminant le 30 septembre, la seconde allant du 21 novembre au
7 décembre. Le coût de l’opération, qui s’élevait l’an dernier à 181’000,
ne dépassera pas cette fois 41’000 francs.
Les responsables des Eglises souhaitent obtenir un succès au moins aussi
important que lors de leur première campagne. Ils remercient ceux qui se
sont acquittés de leur impôt jusqu’ici et espèrent naturellemt que leur
nombre grandira. La situation financière des Eglises du canton de Neuchâtel
n’est pas encore grave au point d’entraver leur fonctionnement mais une
prise de conscience des difficultés qui pourraient surgir est nécessaire et
urgente. La vie de nos communautés est l’affaire de tous et de chacun.
(apic/fp/sjb)