Neuchâtel, 12octobre(APIC) Le Prix Farel 1988 a été attribué à l’émission
"Le Café des Arts" du réalisateur catholique Suisse Michel Demierre. Il a
été décerné mercredi après-midi 12 octobre à Neuchâtel à la cité universitaire. Créé en 1967 par l’Office des moyens de communications sociales des
Eglises protestantes de la Suisse romande, ce prix récompense la meilleure
émission religieuse de télévision francophone réalisée durant l’année.
L’oeuvre de Michel Demierre, réalisateur des émissions catholiques à la
télévision Suisse romande a été sélectionnée parmi 23 émissions suisses,
françaises, belges, canadiennes, ainsi que parmi celles des pays latins invités, c’est-à-dire italiennes, espagnoles et portugaises. Le jury a également attribué 3 mentions, elles vont à Renato Maiocchi (RAI/Italie), pour
son émission "Paraboles en bandes dessinées"; à Jean-Claude Salou (A2/France), pour "Le theâtre d’ombres de la petite soeur Yvette: le livre de
Ruth"; et à Daniel Le Comte, d’Antenne 2 également, pour "Memento".
"Theâtre d’ombres" a également reçu le prix des participants.
Conjointement au concours, l’Office des moyens de communication sociale
organise chaque année un séminaire. Consacré cette année, aux "Eglises
électroniques", il avait pour thème "Entre spectacle et Evangile". Quatre
conférenciers ont analysé les performences médiatiques des télévangélistes
américains, Jimmy Swaggart, Jerry Falwell, Robert Schuller et le Québecois
Pierre Lacroix. Lundi, Maroun Tarabay, prêtre maronite, a mis en exergue
l’aspect "obscène" de la religion en spectacle des télévangélistes. Il a
souligné que leurs émissions évacuaient tout mystère. Le comble de l’obscène: le miracle en direct. Bernard Raymond, professeur à l’Université de
Lausanne, a expliqué comment le spectacle proposé par les télévangélistes
était un piège ou l’auditeur reste prisonnier de ses désirs au moment ou la
star calque ses intentions sur ces mêmes désirs. L’image reste fermée sur
elle-même, elle ne fait référence à aucune transcendance.
En soirée, au cours d’une conférence publique, Noël Copin, rédacteur en
chef de "La Croix", a montré comment le monde des médias restait prisonnier
du "ça se fait, ça se dit". Les médias, a-t-il dit, "ont les mêmes tabous
que la société: armée, sexe, religion". Dans une société en crise et en
proie à une atomisation croissante, le rédacteur de "La Croix" a souhaité
que les médias soient toujours plus un lieu de dialogue et qu’ils permettent un débat sur les valeurs sans oublier l’humour, qui commence avec un
"h" comme humilité pour se terminer comme amour.
Mardi enfin, en clôture de ce séminaire, Isabelle Graessle, théologienne, a montré que la "star télévangéliste" s’érigeait en maître du discours
et manipulait son auditoire. (apic/ym/pr)