Nations-Unies: un impôt mondial pour survivre (240492)
Genève, 24avril(APIC) Un impôt mondial pour survivre, c’est ce que propose le dernier apport annuel du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Les soins intensifs pour sauver notre planète de la pollution coûteront 600 milliards de dollars par an, soit un peu moins que les
dépenses militaires. Pour financer les mesures proposées par la Conférence
de Rio au mois de Juin, il n’y a qu’une solution: instaurer un impôt mondial pour la survie, estime le PNUD.
Le document du PNUD énumère les ressources fiscales qui pourraient financer les activités écologiques et décourager les activités polluantes. Le
Japon et les pays scandinaves seraient déjà prêts à payer plusieurs contributions: impôt de 0,1% sur le produit national brut; impôt sur la consommation de pétrole et de charbon (1 dollar par baril); impôt sur l’émission de
substances polluantes; tickets de rationnement pour l’émission de gaz carbonique (CO2); impôt sur le patrimoine naturel mondial; impôt sur le commerce des bois tropicaux, impôt sur les armements et les dépenses militaires, impôt sur les automobiles et les appareils ménagers gloutons en énergie.
La pauvreté est la plus grave des pollutions
Parallèlement, le Fonds pour l’environnement verrait ses moyens multipliés pour aider les pays pauvres à remplir leurs obligations écologiques.
Mahbub ul Haq, ancien ministre des Finances du Pakistan et artisan du rapport, voit dans la pauvreté la plus grave pollution: "Seuls les cas d’urgences médiatisés mobilisent l’opinion publique, au détriment des urgences
occultées: 750 millions de cas de diarrhées aigües, 1,3 milliard de personnes sans eau potable, 135 millions d’hommes menacés par le désert..."
Pour le consommateur et le contribuable occidental cela signifie certes
de nouvelles taxes, mais il convient de rapeller que les pays du sud
devront aussi apporter leur quote-part.
Ce rapport 1992 sur l’environnement humain tranche par son franc-parler
avec les autres publications des organes de l’ONU. Langage clair, exemples
frappants, propositions audacieuses. Depuis 3 ans, le PNUD classe les pays
selon l’indice de développement humain, c’est-à-dire un système tenant
compte non seulement du revenu, mais aussi de la qualité de la vie en général à travers la santé, l’éducation, les libertés individuelles notamment.
La Suisse se situe au 4e rang derrière le Canada, le Japon et la Norvège.
Le bilan est clair: les pays riches comptent un quart de la population
mondiale; ils détiennent 85 % des revenus, consomment 70% de l’énergie, 75%
des métaux, 85% des produits forestiers. Si les pays pauvres menaient le
même train de vie, il faudrait 10 fois plus de combustibles et 200 fois
plus de ressources minérales.
Le PNUD s’attaque aussi aux pays riches qui ne respectent pas les règles
de libre marché en imposant des barrières commerciales, financières et migratoires au tiers-monde qui lui font perdre 500 milliards de dollars chaque année, soit dix fois plus que le soutien fournit au titre de l’aide au
développement.
Des mesures concrètes pour gérer la terre
Le rapport propose encore d’autres mesures concrètes pour "gouverner" la
terre: Création d’un conseil de sécurité du développement composé de 22
membres dont 11 permanents. Transformation du Fonds monétaire international
(FMI) en une véritable banque centrale émettant une monnaie commune et ayant aussi autorité sur les pays industrialisés. Renouvellement des accords
du GATT garantissant un accès équitable pour tous au commerce mondial et
respectant l’environnement. Réduction des dépenses militaires de 3% par an
- ce qui dégagerait 1500 milliards de dollards d’ici l’an 2’000 -. Enfin,
création d’un mouvement "Honesty international" chargé de dénoncer la corruption dans tous les pays. (apic/infosud/mp)
Rapport mondial sur le développement humain 1992, PNUD (Genève), Paris, éd.
Economica