Nantes, 1erfévrier(APIC) "Quand osera-t-on de nouveau dire aux jeunes que
la vie affective, avec sa composante de sexualité, nécessite maîtrise de
soi, pudeur, réserve? Car de toutes les choses de la vie, l’amour qui est
la plus belle est la plus fragile." Cette question doit être, pour Mgr Emile Marcus, évêque de Nantes, au centre de l’éducation sexuelle donnée aux
jeunes, surtout actuellement, dans la prévention du sida. Il s’est ainsi
exprimé sur le problème du sida, dans un article intitulé: "Les éducateurs,
les jeunes et le sida" au sein du bulletin de son diocèse en décembre dernier.
Pour Mgr Marcus, les campagnes préventives du sida ont, à leur manière,
le souci d’éveiller les jeunes à leurs responsabilités. Mais "la responsabilité des éducateurs elle n’est pas pour autant dégagée. Barrer la route
au sida est une chose. Ceux qui ont mission d’éduquer ne devraient-ils pas
aussi aider les jeunes à s’interroger sur l’aspect moral de l’usage du sexe?". L’évêque de Nantes considère qu’il n’y a pas d’usage du sexe sans
risque moral. Pour soi-même d’abord. L’être humain forme un tout, ainsi
"l’usage du sexe s’il est devié, aberrant, sorti du cadre d’une relation
affective normale, est désintégrateur de la personnalité". Car pour Mgr
Gilson, "ce qui se passe dans ce domaine s’inscrit dans la continuité."
Il n’y a pas non plus d’usage du sexe sans risque moral pour autrui.
C’est pourquoi, Mgr Gilson rappelle que le comportement de chacun dans ce
domaine a son impact sur l’entourage immédiat, comme aussi sur la société
en général. Le parallèle avec le sida ainsi très vite fait par l’évêque de
Nantes: "Nous devons plus aux jeunes que seulement les protéger -et bien
d’autres avec eux- d’une maladie qui pour l’instant, est sans rémission. Et
les éducateurs chrétiens sont appelés à agir dans ce domaine au titre du
sens de l’homme que dévoile l’Evangile".
Mgr Gilson dénonce l’utilisation du sida au nom de la vertu. Il met
l’accent, non sur les réflexes de défense, mais sur la capacité des jeunes
de recevoir le message que les adultes recevaient autrefois: "la certitude
que l’amour est trop grand pour que la vie sexuelle ne soit qu’un jeu, a
fortiori n’importe quel jeu". D’ailleurs pour l’évêque de Nantes, les
"vieilles vertus" n’apportent que liberté et bonheur à ceux qui les pratiquent. (apic/bd)