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    60e anniversaire des apparitions à Beauraing

    Namur: lettre pastorale de Mgr Léonard pour le (091192)

    Namur, 9novembre(APIC) Le 29 novembre 1932, cinq enfants étaient témoins

    d’une première apparition de la Vierge à Beauraing, en Belgique. Pour marquer ce 60e anniversaire, l’évêque de Namur publie une "lettre pastorale

    sur le message de Beauraing". Mgr André-Jean Léonard insiste sur l’urgence

    d’une réponse à l’appel de Marie qui "cherche à préparer le coeur de l’homme à un événement spirituel décisif pour l’histoire de l’humanité".

    Soixante ans après la première vision racontée par les cinq témoins, Mgr

    Léonard estime "que la grâce de Beauraing est encore largement inexplorée..., nous n’y avons jusqu’ici répondu que très partiellement".

    L’évêque de Namur se montre "frappé tout d’abord par la multiplication

    des apparitions de la Vierge Marie depuis un siècle et demi: la rue du Bac

    à Paris en 1830; La Salette en 1846; lourdes en 1858; Pontmain en 1871;

    Fatima en 1917; Beauraing en 1932-33; Banneux en 1933".

    Mgr Léonard s’interroge sur "l’accélération récente des interventions

    surnaturelles du Ciel". Il en attribue la cause à "la situation spirituelle

    de l’humanité, qui, depuis cent cinquante ans, s’est enfoncée à vitesse

    croissante, surtout en Occident, dans un athéisme théorique ou pratique

    dont les conséquences morales et sociales, toujours plus graves, sautent

    aux yeux".

    Reprenant des affirmations du Concile Vatican II sur Marie, Mgr Léonard

    souligne encore que "Marie brille déjà en cette vie terrestre "comme un signe d’espérance assurée et de consolation devant le peuple de Dieu en pèlerinage". L’évêque rapproche dès lors le signe de Beauraing de "l’espérance

    des cieux nouveaux et de la terre nouvelle", que l’Eglise proclame particulièrement durant la période de l’Avent et de Noël.

    "Marie a peu parlé"

    A Beauraing, "Marie a peu parlé", remarque Mgr Léonard. Mais les enfants

    ont retenu des paroles significatives. La Dame s’est présentée à eux le 21

    décembre 1932 comme la "Vierge Immaculée", et le 3 janvier 1933 comme la

    "Mère de Dieu" et la Reine des Cieux". Vers la fin des apparitions, rappelle l’évêque, la Dame a dévoilé aux enfants "son coeur d’or, si étroitement

    uni au coeur de Jésus, son coeur rempli de l’inlassable miséricorde divine

    à notre égard". Par là, ajoute-il, Marie a "cherché à toucher notre propre

    coeur afin de le convertir". C’est pourquoi, le dernier jour, les bénéficiaires des apparitions se sont vus poser "la question décisive": "Aimezvous mon Fils? M’aimez-vous?"

    Mgr Léonard insiste en conclusion sur l’urgence de la réponse à apporter

    à l’appel de Beauraing. Il invite les fidèles à se rendre au sanctuaire marial en pèlerinage et à redécouvrir le message de Beauraing.

    Cette lettre pastorale sera lue dans toutes les églises du diocèse aux

    célébrations des 14 et 15 novembre. L’évêque annonce également une brochure

    plus développée, dans laquelle il détaillera sa pensée.

    Historique

    C’est le 29 novembre 1932, vers 18h30, que la Vierge apparut pour la

    première fois à cinq enfants des familles Voisin et Degeimbre à Beauraing.

    Ce soir-là, Fernande Voisin (15 ans) et son frère Albert (11 ans) vont rechercher leur soeur Gilberte (13 ans) à l’école tenue par les Soeurs de la

    Doctrine chrétienne. En passant devant la maison des Degeimbre, ils invitent Andrée (14 ans) et sa soeur Gilberte (9 ans) à les accompagner. Il est

    environ 18h30. Les quatre enfants traversent le jardin de l’école des Soeurs, qui est déjà plongé dans l’obscurité.

    Albert Voisin, le premier arrivé à l’école, sonne à la porte. Il se retourne et voit "une Dame en blanc qui se promène en l’air" au-dessus de la

    grotte érigée en l’honneur de Notre-Dame de Lourdes. Sa soeur aînée, Fernande, commence à se moquer de lui mais, se retournant à son tour, elle a

    la même vision. Il en va de même pour les deux soeurs Degeimbre. Les quatres enfants décident alors de ne rien dire à Gilberte Voisin. Mais celleci, en sortant de l’école du soir, s’arrête sur le seuil et s’exclame:

    "Qu’est-ce que c’est... là-bas?" La religieuse qui a ouvert la porte aux

    enfants ne voit rien; elle croit immédiatement à une plaisanterie et réprimande les écoliers.

    Rentrés chez eux, les enfants Voisin et Degeimbre racontent leur vision.

    Les parents se gardent bien de les prendre au sérieux. Mais les soirs se

    suivent et les visions se répètent. Devant l’obstination des enfants et

    leurs descriptions précises et concordantes, les parents doivent bien admettre que les gosses n’ont pas pu tirer de leur imagination tout ce qu’ils

    racontent.

    33 apparitions

    Au total, du 29 novembre 1932 au 3 janvier 1933, il y aura 33 visions.

    L’apparition s’est identifiée peu à peu comme étant "la Vierge Immaculée",

    "la Mère de Dieu, la reine des cieux". La Vierge a notamment laissé les

    messages suivants aux bénéficiaires des apparitions: "Priez, priez beaucoup!", "Je désire une chapelle... Qu’on vienne ici en pèlerinage", "Je

    convertirai les pêcheurs". Ses dernières paroles, adressées à Fernande Voisin, ont été: "Aimez-vous mon Fils? M’aimez-vous? Sacrifiez-vous pour moi".

    Le culte en l’honneur de Notre-Dame de Beauraing a été autorisé le 2

    février 1942 par Mgr Charue, évêque de Namur à l’époque. Le 2 juillet

    1949, après un examen minutieux des témoignages relatifs aux appartitions

    de Beauraing, l’évêque reconnaissait le caractère surnaturel de ces apparitions.

    Aujourd’hui, plus de 250’000 pèlerins de divers pays se rendent chaque

    année au sanctuaire marial de Beauraing, où le rassemblement majeur est organisé le 22 août, lors de la fête du Coeur Immaculé de Marie.

    Des cinq enfants, trois sont encore en vie: Gilberte et Albert Voisin,

    ainsi que Gilberte Degeimbre. Andrée Degeimbre est morte en juin 1978; Fernande Voisin est décédée en mai 1979. (apic/cip/pr)

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