Constat de "non-confiance réciproque"
Namur, 4octobre(APIC) Mgr André-Jean Léonard, évêque contesté de Namur en
Belgique a donné le 30 septembre devant le Conseil presbytéral sa version
de l’affaire de la section de théologie du grand séminaire de Namur qu’il a
décidé de suspendre en 1991. Dans un langage ferme il a exhorté les membres
du Conseil à "accepter de bon coeur que le diocèse de Namur a, dans sa
grande majorité bien reçu son nouvel évêque et lui réserve dans l’ensemble
un excellent accueil". "Je vous conjure de renoncer à un comportement qui
finira, si vous continuer de la sorte par dresser les chrétiens contre
vous", a-t-il affirmé.
Mgr Léonard a précisé aux théologiens et aux doyens qu’il n’était pas le
seul a émettre des réserves sur l’enseignement donné à Namur. Il a révélé
que la Congrégation romaine pour l’éducation catholique, responsable des
séminaires, lui avait adressé une lettre le 27 juin 1991. Dans ce message,
la Congrégation disait "recevoir depuis plusieurs années des plaintes appuyées sur des textes et des cassettes enregistrées contenant des passages
insoutenables sur le relativisme moral, le mariage, le magistère, le célibat des prêtres" et que la brochure "Devenir des spirituels aujourd’hui",
publiée par le Sénevé, confirme en tous points ce malaise. Le Conseil presbytéral a précisé cependant qu’à la réception de cette lettre, soit le 12
juillet 1991, tout était déjà réglé.
Au Conseil presbytéral, Mgr Léonard reproche son manque de regard de foi
sinon de charité vis-à-vis de son évêque. Or dit-il "là où est l’évêque, là
est l’Eglise". A ceux qui lui demande faire un geste il répond qu’il en a
déjà fait deux en écoutant avec patience "y compris les inepties et les
grossièretés" et en continuant à venir aux réunions. "Je ne garde aucune
rancune ni aucune amertume de toutes le polémiques inutiles dont j’ai été
l’objet", a-t-il ajouté.
A propos de sa nomination, l’évêque comprend le désarroi du Conseil
presbytéral qui ne lui était pas majoritairement favorable. Mais il adjure
de ne pas continuer ces joutes stériles: "Ne soyez pas les fossoyeurs du
Conseil presbytéral. Une relève sacerdotale importante ne pourra pas se
produire avec les lacunes que j’ai soulignées. Quoi qu’il en soit, je veillerai toujours à vous valoriser et à vous couvrir devant les fidèles pour
que la situation ne se retourne pas contre vous".
Cette déclaration a jeté un froid dans l’assemblée. Beaucoup se demandent aujourd’hui si le dialogue est encore possible. Ne pouvant que faire
un constat de "non-confiance réciproque", le Conseil presbytéral a demandé
à l’évêque la constitution d’une commission mixte chargée d’étudier un programme de formation théologique pour les futurs prêtres du diocèse. Une
brochure reprenant les interventions des théologiens, des doyens et de
l’évêque à propos de l’affaire du séminaire de Namur sera publiée à l’intention de tous les diocésains. (apic/cip/mp)