Les doyens du diocèse: "Nous craignons pour l’avenir"
Namur, 11juin(APIC) Les professeurs de théologie attachés au Sénevé, le
Centre théologique de Namur fondé par Mgr Robert-Joseph Mathen en 1982,
constatent l’impossibilité de poursuivre leur travail de formation théologique étant donné, disent-ils dans un communiqué diffusé lundi, que le nouvel évêque "veut imposer" au diocèse "son" projet d’Eglise. De leur côté,
les délégués des doyens du diocèse "constatent qu’il y a rupture entre Mgr
Léonard, les formateurs des séminaristes et les professeurs du Sénevé parce
que les conditions d’une confiance à rétablir n’ont pas été rencontrées par
l’évêque". Ils ajoutent: "Nous avons des craintes pour l’avenir de notre
diocèse parce qu’actuellement le mode de fonctionnement de notre évêque
laisse peu de chance à la concertation".
Les sept professeurs du Sénevé estiment dans leur communiqué que les
conditions indispensables d’un vrai dialogue avec l’évêque ne sont pas remplies: "Devant le refus de Mgr Léonard de rendre justice publiquement à
l’équipe des professeurs du Sénevé qui fut désavouée publiquement et de manière injustifiée, devant l’absence de paroles et de gestes publics qui auraient manifesté, de la part de l’évêque, une confiance suffisante, les
professeurs du Sénevé constatent que les conditions jugées et déclarées indispensables pour entreprendre le dialogue ne sont pas réunies".
"Ils constatent d’autre part que sous couvert d’une ouverture plus large, Mgr Léonard veut imposer au diocèse ses propres orientations théologiques et son projet d’Eglise sans qu’un réel débat ait pu avoir lieu, avec
des garanties suffisantes, entre toutes les parties concernées".
Les professeurs de théologie concluent "qu’ils sont forcés de constater
l’impossibilité de poursuivre le travail de formation théologique entrepris
depuis neuf années dans le cadre du Sénevé".
Une crise de confiance
Dans la crise de confiance actuelle, les théologiens namurois ont cherché à poser avant tout "une question de justice". Ils ont expliqué dans une
communication adressée à la presse à l’issue de leur rencontre du 10 juin
avec l’évêque, que celui-ci non seulement avait jeté sur les théologiens du
Sénevé un soupçon public de désaveu, mais encore par "ses déclarations contradictoires dans les médias, avait ajouté à cette injustice en jetant un
soupçon de malhonnêteté non fondé sur les professeurs".
Par ailleurs, les théologiens du Sénevé sont choqués de voir l’évêque
présenter comme "oeuvre de réconciliation entre les différentes tendances
théologiques légitimes mais partielles" ce qui leur semble davantage relever d’une politique "d’alternance" que d’une politique d’"ouverture". Les
professeurs du Sénevé expliquent qu’ils sont favorables à la concertation
entre les diverses tendances théologiques mais, insistent-ils, "une telle
ouverture ne peut s’effectuer que par un débat qui mettrait en lumière les
enjeux de toutes les orientations". Et d’ajouter: "Comment envisager un tel
débat lorsque l’une des tendances a déjà été publiquement désavouée et déconsidérée tandis que l’autre semble faire corps avec Mgr André-Mutien Léonard lui-même ? Peut-il être juge et partie ?"
Respecter un sain pluralisme
Les professeurs posent aussi une question plus générale. Ils estiment
que le nouvel évêque ne respecte pas un sain pluralisme dans le diocèse:
"Le premier acte de Mgr Léonard a été de remplacer TOUTE l’équipe qui entourait Mgr Mathen. Ils constatent qu’"aucune des personnalités choisies
pour le nouveau Conseil épiscopal n’est connue pour avoir soutenu l’Assemblée de Nassogne ou les perspectives théologiques qui sont celles des théologiens du Sénevé".
En conclusion, les théologiens du Sénevé estiment que "Mgr Léonard, loin
d’avoir suivi une vaste oeuvre de conciliation et d’ouverture, s’est au
contraire engagé dans un politique d’alternance. Il tente de mettre aujourd’hui au pouvoir ce qui était l’opposition minoritaire d’hier et d’imposer ainsi une tendance théologique". Les théologiens du Sénevé ajoutent
qu’ils ne veulent en aucun cas s’inscrire dans une direction "où une tendance théologique se fait passer pour vérité catholique". (apic/com/ba)