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    sur l’encyclique de Jean Paul II sur le développement

    Namur: journée d’étude et de réflexion (031088)

    Namur, 3octobre(APIC/CIP) A l’appel d’Entraide et Fraternité, qui coordonne les campagnes de Carême de Partage en Belgique, 250 personnes se sont

    retrouvées à Namur à fin septembre pour réfléchir sur les enseignements de

    la dernière encyclique de Jean Paul II sur la justice sociale et le développement: Sollicitudo Rei Socialis. Le but d’une telle journée, selon Gilbert Cellier, président d’Entraide et Fraternité, consistait à mieux se situer dans le "contexte actuel de la guerre culturelle lancée par quelques

    groupes financiers qui, disposant de moyens imposants d’information, entendent faire adopter des informations et des conceptions n’allant pas forcément dans le sens de la libération humaine".

    Dans un article écrit en mai dernier dans le "Monde Diplomatique", Christian de Brie émet des remarques sur "le terreau de l’extrême-droite". Il

    revient sur le sujet pour montrer que divers mouvements et organisations se

    rattachent à la même "nébuleuse" par leur anticommunisme farouche et leur

    manichéisme, dirigés contre les syndicats, les étudiants et les gens

    d’Eglise. Autre caractéristique: l’extrême droite prétend défendre les vraies valeurs de la civilisation occidentale, à commencer par la liberté et

    le capitalisme libéral. Cela va de pair avec la défense de l’ordre et l’opposition aux organisations solidaires du tiers-monde.

    Or, écrit Christian de Brie, dont le texte fut un sujet de réflexion

    pour les participants, qui retrouve-t-on dans l’extrême-droite? D’un côté,

    des "boîtes à penser", centres d’étude et autres fondations qui, avec l’appui de militaires, de services secrets et de bailleurs de fonds, s’organisent pour atteindre la classe intellectuelle. D’un autre côté, des groupes

    activistes, souvent manipulés et chargés des basses oeuvres, comme les "Escadrons de la mort". Les penseurs et les activistes entretiennent des liens

    variables, tantôt permanent, tantôt sporadiques.

    Pourquoi s’interroger sur l’extrême-droite? Parce que le travail des

    chrétiens pour le développement est particulièrement visé. D’autant plus

    qu’entre les extrémistes penseurs ou activistes, il y a non seulement des

    partis politiques d’extrême-droite mais encore des sectes et des organisations ecclésiales qui manifestent des tendances apparentées. C’est le cas

    des Eglises des pasteurs télévangélistes aux Etats-Unis et de la secte

    Moon. Le journaliste français cite également l’Opus Dei, vu son élitisme et

    sa sympathie pour les défenseurs d’un ordre fort, ainsi que l’Ordre des

    Chevaliers de Malte. Faut-il pour autant imaginer une grande toile

    d’araignée tissée d’en haut? "Il y a sans doute plusieurs araignées et plusiers toiles ", répond Christian de Brie.

    L’appui d’une encyclique

    La dernière encyclique de Jean Paul II a confirmé dans leur travail les

    associations d’Eglise qui promeuvent la solidarité avec le tiers-monde, au

    risque quelquefois d’un dénigrement extérieur. Ignace Berten, dominicain de

    Froidemond (Belgique), s’est déclaré satisfait de voir que les documents

    d’Entraide et Fraternité sont traversés, comme la dernière encyclique de

    Jean Paul II, par une même espérance, alors qu’on y révèle la situation

    tragique (mais non fatale) du développement aujourd’hui. Le propos d’Ignace

    Berten ne fut pas de résumer Sollicitudo Rei Socialis, mais de relever,

    dans ce document, les contours de la notion de développement, ses fondements théologiques et moraux, ainsi que quelques points de perplexité.

    Ignace Berten a relevé que l’encyclique ne prétend pas résoudre toutes

    les questions d’analyse et d’action au sujet du développement. Pour lui,

    certains accents du document peuvent aussi susciter quelque perplexité. En

    effet, selon le Père Berten, le pape attache plus d’importance à la relation Est-Ouest qu’à la relation Nord-Sud, sous-estimant ainsi le poids de

    l’économie de marché et le rôle des multinationales. (apic/cip/pr)

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