"Christian Solidarity International" veut empêcher un génocide
Genève, 26 février(APIC) La survie des 200’000 Arméniens du Nagorny Karabach est en train de se jouer. "Christian Solidarity International" qui
parlait déjà de génocide en décembre, renouvelle son appel à l’aide. Lady
C. Cox, membre de la Chambre des Lords de Grande Bretagne, Zori Balayan,
parlementaire du Haut-Karabakh et Hrair Balian, membre d’"Human Rights Advocates" ont apporté, lors d’une conférence de presse, mercredi à Genève,
un témoignage direct sur la situation dramatique de cette région qu’ils ont
visitée au mois de janvier.
Le Nagorny Karabach qui forme une enclave dans l’Azerbaïdjan, souffre
depuis près de quatre ans d’un blocus économique infligé par les Azéris. A
cela s’ajoutent depuis 1991 des bombardements et des attaques militaires de
plus en plus fréquentes. La région est privée des biens les plus indispensables. Le pain, le sucre, le lait et les médicaments manquent totalement à
Stepanakert, la capitale de la région, rapporte Lady Cox. L’approvisionnement en eau courante et en électricité n’est plus assuré.
Par crainte des bombardements presque quotidiens de l’armée d’Arzerbaïdjan qui ont causé la mort de 40 civils au mois de décembre à Stepanakert,
les gens vivent dans les caves et les abris, sans lumière et sans ventilation. Les troupes d’Azerbaïdjan seraient prêtes à engager contre la capitale des batteries missiles "Grad" (BM 21) capables de tirer 40 rockets en
une seule fois et d’opérer des destructions violentes sur une surface de 12
hectares.
Seul le froid a pour l’instant évité la propagation des épidémies. Les
hôpitaux manquent d’analgésiques, d’anesthésiques et de médicaments. De
nombreux patients meurent faute de soins. Tous les magasins, les usines et
les écoles sont fermés.
Face à cette détresse, "Christian Solidarity international" a décidé de
lancer une campagne "sauver le Nagorny Karabakh". La mission de janvier a
déjà acheminé 15’000 dollars de médicaments. 390’000 frs seront consacrés à
une aide supplémentaire constituée principalement de médicaments et de
nourriture. Ces marchandises ne peuvent être acheminées que par un pont
aérien d’hélicoptères depuis Erevan, la capitale de la République
d’Arménie.
Zori Balayan, député du Haut-Karabakh, qui parle d’hystérie antiarménienne, a de son côté décrit les attaques contre les villes et les
villages arméniens. L’étau qui entoure le Nagorny Karabakh se resserre de
jour en jour. Le ravitaillement depuis l’Arménie est très difficile surtout
à cause des tirs contre les hélicoptères, mais aussi à cause du relief et
du climat ainsi que du manque d’appareils disponibles, a-t-il expliqué.
Le 10 décembre 1991, lors d’un référendum, 95% des électeurs se sont
prononcés pour l’indépendance du Nagorny Karabach. Le 28 décembre des élections au parlement ont eu lieu. Mais le Nagorny Karabakh n’a pas été reconnnu par la communauté internationale. Zori Balayan a insisté pour que
l’Azerbaïdjan n’obtienne pas de reconnaissance internationale avant d’avoir
lui-même admis les droits des Arméniens du Haut-Karabakh. Ceci d’autant
plus que l’Azerbaïdjan a récupéré le matériel militaire soviétique y compris des missiles nucléaires.
Lady Cox s’est également rendue à Moscou pour demander à Boris Eltsine
de s’entremettre dans le conflit pour permettre d’ouvir une brèche dans le
blocus afin de pouvoir acheminer l’aide humanitaire d’urgence. Rappelons
qu’un protocole d’accord signé au mois de septembre 1991 par le président
russe et ses homologues d’Arménie et d’Azerbaïdjan n’a pas abouti à cause
de l’opposition des Azéris. (apic/mp)