génocide" contre la population arménienne
Retour d’une mission d’enquête internationale
Zurich, 9janvier(APIC) "Christian Solidarity International" (CSI) a lancé
jeudi un nouveau cri d’alarme au sujet de la situation dramatique de la population arménienne assiégée par les troupes azéries dans l’enclave du Nagorny Karabach. Au retour d’une mission d’enquête internationale dans ce
territoire de l’ancienne URSS, l’organisation interconfessionnelle en faveur des droits de l’homme, dont le siège est à Zurich, craint un "nouveau
génocide" contre la population arménienne, mais cette fois-ci au Nagorny
Karabach.
Depuis l’automne dernier, date d’une autre mission d’enquête de CSI dans
la région, la situation de la population arménienne s’est encore dégradée.
Après le retrait des troupes soviétiques par Boris Eltsine, souligne CSI,
l’Azerbaïdjan a enfin la possibilité de prendre le contrôle total de cette
enclave arménienne en territoire azéri. Les attaques des troupes de Bakou
le mois dernier contre Stepanakert, capitale du Nagorny Karabach, ont coûté
la vie à une quarantaine de personnes et fait de nombreux blessés. La population a subi des déluges de bombes, d’obus et de roquettes et le 28 décembre, 8 personnes ont été tuées devant leur maison. Des enfants ont dû littéralement ramasser leurs parents déchiquetés par les bombes.
Les conditions de vie à Stepanakert sont épouvantables, affirme CSI, et
la nuit du Nouvel-An, l’hôpital de la ville a été bombardé et mitraillé.
Les patients doivent maintenant être traités dans les corridors, où les bébés sont exposés au froid intense. L’hôpital manque depuis des mois des médicaments et des appareils nécessaires. Seuls quelques patients gravement
atteints ont pu être évacués par hélicoptère vers la capitale arménienne
Erevan, malgré les dangers causés par les tirs azéris contre les appareils.
Les gens vivent dans des caves surpeuplées et il n’y a plus d’arbres à
Stepanakert, car ils ont été abattus pour avoir du bois de chauffage. Le
bétail a été volé par les troupes azéris et les récoltes n’ont pas pu être
engrangées parce que les champs sont exposés aux tirs azéris. Les fabriques
ont cessé toute production et le commerce est paralysé. Il y a quelques
jours, l’infanterie azérie, appuyée par des chars, a attaqué le village de
Khramot, où 11 civils ont perdu la vie et 33 maisons ont été détruites.
Après le retrait des troupes soviétiques sur ordre de Boris Eltsine, l’enclave est désormais quasiment sans défense et court le risque d’être investie par les troupes de Bakou, affirme CSI, qui lance un appel à l’opinion
internationale pour éviter "un nouveau génocide" contre la population chrétienne arménienne. (apic/com/be)