Mozambique: violence, famine et analphabétisme (200291)
Genève, 20février(APIC) Le Cercle catholique chrétien de Genève a accueilli lundi à l’invitation de "Pain pour le Prochain" et "Action de Carême"Mgr Dinis Sengulane, évêque anglican du Mozambique. Celui-ci a abordé un
certain nombre de problèmes que connaît son pays, à commencer par la faim
qui menace la vie des habitants, l’analphabétisme et la violence.
Depuis son accès à l’indépendance en 1975, mais aussi depuis bien avant,
le Mozambique n’a jamais cessé d’affronter ce genre de problèmes. Aujourd’hui, 4,5 millions de personnes sont menacées de mourir de faim si
rien ne se fait pour les aider, a lancé en guise d’appel Mgr Sengulane, qui
a en outre évoqué la violence dans son pays. Une violence "qui n’est pas
d’ordre ethnique", selon lui, en dépit des vingt langues indigènes parlées
dans le pays.
Autre conséquence de cet état de violence latente et de luttes intestines: l’analphabétisme. 20’000 enfants ne peuvent être scolarisés par manque
de structures d’accueil.
La peur, la violence, deux mots qui sont revenus très souvent au cours
de l’exposé de Mgr Sengulane. La peur qui paralyse l’économie et lance les
Mozambicains sur les routes de l’exil. Il y a, a-t-il dit, des milliers de
réfugiés dans les pays voisins, le Swaziland et l’Afrique du Sud.
Le Mozambique compte 18% de chrétiens groupés au sein de 17 dénominations différentes, 16% de musulmans et 60% d’animistes. Mgr Sengulane, qui
a évoqué le travail en faveur de la paix réalisé par les Eglises locales, a
expliqué que des actions dans ce sens sont effectuées auprès des enfants.
Récemment, a-t-il dit en guise d’exemple, tous les enfants du pays ont été
invités à apporter leurs jouets "violents" afin qu’ils soient brûlés publiquement. Une image contrastante pour certains pays européens et américains,
puisque à l’heure de la guerre dans le Golfe, la vente de jouets "militaires" a connu un essor qualifié de fulgurant par les spécialistes de la
branche.
A la question posée par un des participants concernant l’aide à apporter
à l’Eglise du Mozambique, Mgr Sengulane a répondu sur plusieurs niveaux.
"La prière et l’aide financière seront toujours les bienvenues", mais il a
aussi répondu en renversant la question: "Et nous, Eglise du Mozambique,
que pouvons-nous faire pour l’Eglise d’Europe?" (apic/ecl/pr)