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    Avec le Mozambique, ou il arrivera le vendredi 16 septembre et d’ou il

    Mozambique: un peuple martyr

    repartira, le pape Jean Paul II mettra un terme à son périple en Afrique

    australe. Pays de 799.380 km2, le Mozambique a une population de 14,5 millions d’habitants, mais ce chiffre reste très approximatif, compte tenu du

    nombre de réfugiés - estimé à 870.000 - qui ont fui le pays et du million

    de personnes qui se sont déplacées à l’intérieur. Le pays s’étire sur 2.800

    km le long de l’Océan Indien et a des frontières communes avec la Tanzanie,

    le Malawi, la Zambie, le Zimbabwe. l’Afrique du Sud et le Swawiland. Par sa

    visite, le pape va saluer et encourager un peuple martyr, victime de l’"un

    des holocaustes les plus brutaux depuis la seconde guerre mondiale", selon

    l’expression de Roy Stacey, sous-secrétaire américain chargé des Affaires

    africaines.

    Comment a-t-on pu en arriver à un tel masacre? Colonie portugaise pendant plusieurs siècles, le Mozambique devint "province d’outre-mer" en 1951

    et n’obtint son indépendance qu’en 1975, au terme d’une longue lutte nationaliste. Le Portugal estimait en effet avoir la "mission de défendre jusqu’au bout le message civilisateur de l’Occident". Encouragé par le Concordat de 1940 avec le Saint-Siège, le Portugal considérait même, au début des

    années septante, la répression des mouvements de libération comme une

    "guerre sainte, une croisade, un devoir sacré".

    En mai 1971, les Pères blancs avaient pourtant posé un geste prophétique

    en quittant ensemble le pays pour marquer leur désapprobation vis-à-vis de

    la politique ecclésiatique. Quelques jours avant la proclamation de l’indépendance, le futur chef de la République, Samora Machel, devait déclarer:

    "Les colonialistes ont fait grand usage de la religion. Nous voulons en

    débarrasser le peuple pour lui permettre de vivre libre".

    Dure décolonisation

    La décolonisation se passa très mal pour l’Eglise, mais plus mal encore

    pour la population. Plusieurs dizaines de milliers de cadres et techniciens

    portugais quittèrent le pays. Ensuite, celui-ci ne fut pas épargné par les

    épreuves climatiques: sécheresses, cyclones, inondations. Le drame, surtout, est que les guerres coloniales n’ont jamais cessé. En 1976, le nouveau gouvernement du Mozambique avait appliqué les sanctions internationales adoptées par le Conseil de Sécurité de l’ONU à l’encontre du régime

    illégal de Ian Smith dans la Rhodésie voisine. De plus, les insurgés de Robert Mugabe, aujourd’hui président du Zimbabwe, trouvaient alors un appui

    au Mozambique. Ian Smith s’en prit dès lors violemment au Mozambique: le

    coût des attaques rhodésiennes entre 1975 et 1980 a été estimé à 600 millions de dollars.

    Après l’indépendance du Zimbabwe en avril 1980, un autre gouvernement

    blanc, celui d’Afrique du Sud, prit le relais en excitant le mécontentement

    des Mozambicains déçus par le Front de Libération Nationale du Mozambique

    (FRELIMO) et en appuyant le Mouvement National de Résistance (NNR). Créé en

    1962, initialement d’un marxisme dur, le FRELINO mena la lutte pour l’indépendance et est toujours au pouvoir au Mozambique. Quant au NNR, créé en

    1974 par les services secrets rhodésiens, il porte actuellement le nom de

    Résistance Nationale du Mozambique (RENAMO) et est soutenu par l’Afrique du

    Sud.

    L’Eglise aujourd’hui

    Assez curieusement, l’Eglise n’a pas tiré grand avantage du soutien

    séculaire qu’elle a reçu du gouvernement catholique portugais. Les derniers

    chiffres publiés par le vatican font état de 13% seulement de catholiques

    dans la population. L’Eglise occupe pourtant une position importante dans

    la société et pourrait y jouer un rôle non négligeable à l’avenir. Les deux

    présidents marxistes qui se sont succédés à la tête du pays ont rendu visite au pape et l’ont invité: Samora Machel en 1985 et, après la mort accidentelle de ce dernier, Joachim Chissano em 1987. La visite effectuée l’an

    dernier par le cardinal Roger Etchegaray a certainement favorisé un rapprochement entre l’Etat et l’Eglise.

    Sur le plan pastoral, le pays souffre d’un grave manque de prêtres, en

    particulier de prêtres diocèsains. On compte actuellement un prêtre pour

    6.900 catholiques. Mais il semble néanmoins que le nombre de vocations dans

    l’Eglise est en voie d’augmentation et que les communautés chrétiennes se

    prennent de plus en plus en charge. (apic/cip/pr)

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