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    A cause du conflit et de la sécheresse

    Mozambique: situation catastrophique (260892)

    Plan d’action du CICR

    Genève, 26août(APIC) "Le Mozambique est frappé par la sécheresse du siècle", a déclaré récemment Markus Dolder, chef adjoint de la Division des

    Secours du Comité international de la Croix-Rouge, au retour d’une mission

    d’inspection dans ce pays. La situation est d’autant plus critique déclare

    Markus Dolder, que s’ajoute à cette sécheresse les conséquences déjà dramatiques du conflit qui oppose depuis une quinzaine d’années le gouvernement

    au mouvement de résistance armée de la RENAMO. Pour faire face à cette situation le CICR a mis au point un plan d’action d’urgence.

    L’objectif global de ce plan est d’empêcher la famine, l’exode ou la

    mort des populations les plus vulnérables et les plus touchées par le conflit et la sécheresse. Au cours des neufs prochains mois, le CICR a l’intention de distribuer 30 000 tonnes de vivres à plus de 200 000 de ces personnes. Elles sont reparties dans six zones opérationnelles dans les provinces de Gaza, Sofala et Nampula. Il s’agit de leur fournir avant tout des

    céréales, des lentilles, de l’huile et du sel.

    Des racines pour survivre

    Dans certaines régions, les dernières récoltes ont été complètement anéanties, alors les semences n’ont même pas germé. La population qui vit dans

    ces zones rurales très éloignées a un mode de survie traditionnnel assez

    developpé, souligne Jean-Daniel Tauxe, délégué général pour l’Afrique. "Elle peut survivre en récoltant des racines, des feuilles ou des fruits sauvages. Mais ce genre d’alimentation de fortune ne peut pas durer très longtemps. On est arrivé au stade critique où la population n’a absolument plus

    rien. Elle n’a donc plus que le choix entre fuir à l’étranger, pour ceux

    qui le pourraient encore, ou rejoindre des centres urbains, qui sont euxmêmes déjà surchargés et où il n’existe pas d’infrastrucure adéquate".On a

    même enregistré des cas d’empoisonnement alimentaire mortel après consommation de feuilles de cassava. C’est une plante qui contient des substances

    toxiques. Il faut donc la cuire assez longtemps pour la rendre inoffensive.

    Or, souvent, le cassava n’est pas assez cuit, ce qui provoque des empoisonnements et de graves pénuries en protéines. Le taux de malnutrition est

    alarmant, particulièrement dans les régions de Liupo et d’Alua, dans le

    Nord du pays, où 15 % de la population est morte depuis février dernier.

    Ouverture des routes

    Des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes risquent de

    mourir de faim si aucune assistance ne leur est apportée à très bref delai.

    Comment les 30 000 tonnes de vivres prévues jusqu’en mars 1993, date espérée des prochaines récoltes,seront-elles acheminées? Les routes constituent

    le moyen le plus efficace pour transporter une aide humanitaire d’une telle

    importance. Le transport par avion coûterait beaucoup plus cher; de plus,

    les pistes de brousse mozambicaines ne sont pas équipées pour accueillir

    des gros porteurs.

    Il faut souligner que le gouvernement de Maputo et la RENAMO, lors de

    négociations à Rome à la mi-juillet, en présence notamment d’observateurs

    de l’ONU et du CICR, ont signé une déclaration de principe. Selon cette

    dernière, les deux parties s’engagent à autoriser tous moyens de transport,sous les auspices des Nations Unies et du CICR, pour acheminer l’aide

    humanitaire sur l’ensemble du territoire mozambicain à la population la

    plus touchée par la sécheresse et le conflit. Les deux parties s’engagent

    aussi à ne pas tirer un avantage militaire de toutes les opérations humanitaires qui se dérouleront conformément à cette déclaration.

    Semences distribuées

    Au cours des dernières années, le CICR a eu l’occasion d’aider, en collaboration avec la Croix-Rouge du Mozambique, plus de 300 000 personnes

    dans les diverses zones auxquelles il a accès, qu’elles soient contrôlées

    par le gouvernement ou la RENAMO. Outre l’assistance alimentaire, le CICR

    va poursuivre ses efforts pour développer les ressources en eau des Mozambicains, notamment par le forage de nouveaux puits où l’amélioration des

    stations de pompages existantes.

    Des semences sont également distribuées à la population. Pourquoi? JeanDaniel Tauxe explique la raison: "Il a un double but, d’une part, elle permet de relancer une économie agricole de base. D’autre part, il rend sa

    dignité aux personnes assistées. Chose importante, car la personne ne reçoit pas une assistance de la communauté internationale ou de l’extérieur.

    Le CICR fournit également une assistance médicale à la population

    mozambicaine, en distribuant par exemple des médicaments de base dans les

    petits dispensaires de brousse ou en organisant des campagnes de

    vaccination , comme c’est le cas actuellement dans la province de Sofala.

    Parmi les autres activités qui relèvent du mandat du CICR au Mozambique,

    il y a les visites aux détenus de sécurité sur l’ensemble du territoire et

    la transmission de milliers de messages familiaux entre les Mozambicains

    réfugiés à l’étranger et les membres de leurs familles restés au pays.

    (apic/cicr/ka)

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