Mozambique: le pays s’apprête à recevoir le pape (120888)
Fribourg, 12août(APIC) Confronté à la violence, aux problèmes des réfugiés qui quittent le pays et à la menace de la famine, le Mozambique
s’apprête à recevoir la visite du pape Jean-Paul II. Elle aura lieu du 16
au 19 septembre prochain et constituera la dernière escale pontificale en
Afrique australe. Pourtant, le rôle de l’Eglise n’a pas toujours été facilité par le régime actuel d’un pays qui groupe près de 14 % de catholiques.
Depuis la colonisation jusqu’à aujourd’hui en passant par l’indépendance du
Mozambique, l’Eglise à néanmoins développé des activités importantes. Notamment au niveau de son oeuvre sociale et d’évangélisation.
Selon l’"annuaire des Statistiques de l’Eglise" en effet, le Mozambique
comptait au début de 1987 plus de 14.170.000 habitants, dont 1.882.000
catholiques, parmi lesquels quelque 272 prêtres. Géographiquement entouré
de l’Afrique du Sud, du Zimbabwé, de la Zambie, du Malawi et de la Tanzanie, ce pays, qui s’ouvre sur l’Océan Indien, est grand comme l’Italie et
l’Espagne réunies (799.380 Km2). Composé en majorité d’une population appartenant au groupe ethnique bantou, divisé en de nombreux groupes tribaux
(les blancs, les métis, les indiens et les chinois représentent de petites
minorités), le Mozambique tire ses principales ressources de l’industrie du
minerai, de l’agriculture et de l’énergie électrique. Mais ses produits
d’exportations se nomment tissus, coton, sucre, huiles végétales, charbon
ou autre bois, etc. Du point de vue ecclésiastique, le pays est divisé en 3
provinces, les 3 archidiocèses de Maputo, de Beira et de Nampula, en plus
de 6 diocèses.
Dans le cadre religieux du pays, la grande majorité est encore de religion traditionnelle africaine: on compte 3 millions de musulmans; les noncatholiques ne sont pas tout à fait la moitié du nombre des catholiques.
Même si les populations s’expriment volontiers en bantou, le portugais
demeure la langue officielle du Mozambique. L’arrivée de Vasco de Gama en
1498 sur ce territoire puis l’installation de colonies portugaises l’expliquent. D’autant mieux que la présence portugaise durera près de 500 ans.
Quant à la première expansion chrétienne au Mozambique, elle remonte à 1560
et se fera autour des établissements côtiers des Portugais. Près de 400 ans
plus tard, plus précisément en 1936, ce pays africain comptait 40.000
catholiques, soit environ 47 fois de moins qu’il n’en recense aujourd’hui.
En dépit des difficultés
On mesure dès lors l’importance de l’oeuvre d’évangélisation de l’Eglise
catholique, son rôle et aussi sa contribution à la promotion de la population du Mozambique dans les domaines de l’éducation, des soins médicaux, de
l’assistance sanitaire et socio-caritative. Cela en dépit des difficultés
rencontrées par l’Eglise tout au long de l’histoire de ce pays. En particulier après l’indépendance, proclamée le 25 juin 1975, et notamment sous le
régime marxiste, lequel a privé l’Eglise de ses centres d’éducations, d’assistance et de promotion.
La violence et la lutte armée ont précédé et suivi cette indépendance.
La révolution, d’inspiration marxiste, réalisée par le FRELIMO et par le
gouvernement imposé par la force, s’est heurtée aussitôt à la résistance
armée de la RENAMO. La lutte acharnée et toujours en cours, soutenue par
d’autres puissances, est préoccupante. Le bilan des morts, des victimes,
des destructions et des souffrances s’alourdit. On parle d’un million de
morts, de plus de 900.000 réfugiés dans les pays voisins, de 2 à 4 millions
de personnes dispersées et de 3.500.000 autres menacées de la famine.
Des signes d’ouvertures
La pression du régime contre l’activité de l’Eglise s’accentuant, et
malgré tout ce qui avait été décidé par le gouvernement au cours d’une rencontre avec les évêques, en décembre 1978, les autorités politiques provinciales prirent des mesures de plus en plus restrictives. Celles-ci violaient les Droits de l’Homme, dont la liberté religieuse, et accompagnaient
la décision de dépouiller l’Eglise de ses biens (écoles, collèges, hôpitaux, foyers, etc). Près des 2/3 des missionnaires durent quitter le pays.
Pour ceux qui restent, les déplacements sont limités car on exige une permission de la police pour sortir du lieu de résidence. De nombreux prêtres,
religieux et catéchistes ont été arrêtés, d’autres tués.
En dépit de ces graves entraves, l’Eglise n’a cependant pas renoncé à
son service. Avec patience, elle a sans cesse recherché le dialogue avec
les autorités. A présent, on semble apercevoir quelques résultats de son
action. Au cours des dernières années en effet, à cause également du mécontentement croissant de la population qui souffre de la famine, des injustices, du manque de tout, et sous la pression de la guérilla, les autorités
civiles ont manifesté des signes d’ouverture vis-à-vis de l’Eglise. Il y
eut notamment des rencontres de membres de l’épiscopat avec le gouvernement. En ce sens, la visite du pape Jean-Paul II est attendue au Mozambique
avec beaucoup d’espoir. (apic/fides/pr)