Mozambique: La paix avant l’hiver ? (280791)
Rome, 28juillet(APIC) Un accord de paix au Mozambique devrait être signé
avant l’hiver, "car la guerre n’intéresse plus personne", affirme l’archevêque de Beira, au Mozambique. Mgr Jaime Pedro Gonçalves, qui joue un rôle
de médiateur entre les parties en conflit dans son pays, a déclaré au quotidien catholique italien l’"Avvenire" qu’un accord de paix sera effectivement signé "en octobre ou au plus tard en décembre".
L’archevêque de Beira dispose d’informations précises, puisqu’il représente au titre de médiateur l’Eglise catholique du Mozambique dans les négociations de paix entre le gouvernement du Frelimo à Maputo et les rebelles de la Renamo qui tiennent une grande partie de la campagne.
Ces négociations de paix ont commencé il y a un an à Rome à la communauté de Saint-Egidio et devraient reprendre ces prochains jours. "Nous sommes
arrivés à un point décisif", a dit Mgr Gonçalves, et la prochaine étape,
encore en juillet, "doit être l’étape finale". Selon l’archevêque de Beira,
il n’y a pas de motifs pour renvoyer de nouveau la signature des accords de
paix. Il souligne que le plus grand obstacle est la "méfiance réciproque".
Après quinze ans de violences et d’insultes, il est difficile de se mettre
d’accord, d’avoir confiance l’un dans l’autre, estime-t-il.
De plus, a-t-il relevé, tous veulent la paix, mais à condition d’avoir
le pouvoir politique. Mgr Gonçalves a l’espoir - sinon la certitude - de
voir bientôt la paix régner dans ce pays exsangue. Il en veut pour preuve
que dans les négociations de paix à Rome, le gouvernement italien est engagé et derrière lui la Communauté européenne ainsi que les pays les plus importants qui aident le Mozambique. Les deux parties en cause savent bien,
insiste-t-il, que derrière les trois médiateurs (gouvernement italien,
communauté de Saint-Egidio et Eglise du Mozambique). "il y a pratiquement
tout le monde, tous les gouvernements qui comptent".
La guerre n’intéresse plus personne
L’archevêque de Beira estime finalement que la guerre qui ravage encore
aujourd’hui son pays "n’intéresse plus personne : il s’agit d’une guerre
qui n’a plus aucune motivation, si jamais elle en a eu une dans le passé".
Et de conclure que la paix est donc le chemin obligé pour un pays comme le
Mozambique qui vit des aides de l’étranger. (apic/jt/be)