Mozambique: dernière étape de la visite pastorale du pape (170988)
Maputo, 17 septembre, APIC/CIP Après un bref séjour au Swaziland, le pape a gagné le Mozambique voisin, ou son avion s’est posé vendredi 16 septembre en début de soirée. Après la cérémonie de bienvenue à l’aéroport international de Maputo, ou il a été accueilli par le président Joaquin Alberto Chissano, Jean Paul II a aussitôt été reçu par ce dernier. Dans son discours, le pape n’a pas manqué d’évoquer longuement le problème de la guerre civile. "Non à la vilence, oui à la paix", devait-il déclarer dans son appel.
Des cinq pays visités par le pape à l’occasion de ce voyage, c’est sans conteste le Mozambique qui vit la situation la plus dramatique. La guerre civile déclanchée par la Résistance nationale mozambicaine (RENAMO) contre le Front de libération du Mozambique (FRELIMO), qui a pris le pouvoir au moment de l’indépendance en 1975 et a instauré dans le pays une République populaire marxiste-leniniste, est cause de la pauvreté et de la famine qui règnent dans le pays. De larges zones du territoires sont aujourd’hui isolées, au point qu’il n’est désormais plus possible de vivre en sécurite que dans les villes. En treize ans, le nombre de morts se compte par milliers, celui des refugiés étant de plus de 4 millions. La "normalisation" marxiste n’a pas non plus épargné l’Eglise, qui a vu beaucoup de missionnaiers quitter le pays, tandis que ses biens étaient confisqués.
"Non à la violence, oui à la paix"
Jean Paul II n’a d’ailleurs pas manqué d’evoquer la situation et le de la guerre civile. "La guerre persiste au Mozambique, avec son cortège de souffrance, de deuil et de désolation, a-t-il déclaré. Beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants souffrent de n’avoir pas de maison ou habiter, ni une alimentation suffisante, des écoles ou s’instruire, des hôpitaux ou se soigner, des églises ou se réunir pour prier, des champs ou employer la main-d’oeuvre. Beaucoup sont contraints de déménager pour rechercher la sécurite et des moyens de subsistance, d’autres se réfugient dans les pays voisins".
Le pape a redit ce qu’il n’a jamais cessé de répéter face à cette situation : "Non à la violence, oui à la paix". Il a expliqué que l’Eglise considère comme son devoir de "favoriser les aspirations légitimes à la paix et à la justice, de promouvoir une civilisation de l’amour, excluant toutes les discriminations prétentieusement basées sur les convictions politiques, philosophiques ou religieuses, sur les diverses conditions de richesse ou de pouvoir, sur la couleur ou la race".
Le pape a rappelé que l’Eglise ne propose pas de "modèles politiques, économiques ou sociaux, ni de troisième voie" entre deux systèmes opposés. Il a exprimé sa satisfaction devant l’existence d’un dialogue entre les autorités et les responsables de l’Eglise catholique. Il s’agit déjà, a-t-il dit, d’"un signe réconfortant et plein d’espoir que des efforts s’unissent pour sauver tous ceux qui se trouvent dans des conditions physiques et morales misérables."
Il est temps, a conclu Jean Paul II, "que cessent les divisions, la froideur et l’indifférence dans le coeur des hommes, afin que soit enrayée l’escalade de la violence et que les instruments de guerre et de mort soient transformés en instruments de paix et de vie."
Les difficultés de l’évangélisation
Dans la matinée du samedi 17 septembre, Jean Paul II s’est rendu a Beira, la deuxième ville du pays en importance, connue pour son activité portuaire et industrielle. C’est sur un ancien champ de golf que le pape a célébré une messe sur le thème de l’évangélisation. L’office a été retransmis en direct par la radio nationale, chose qui aurait été impensable il y a quelques années seulement.
Apres avoir évoque le travail des premiers missionnaires, qui "avaient l’Evangile pour bagage et la croix pour emblème", le pape a fait allusion aux conditions difficiles actuelles, indiquant que "le cadre décrit par les missionnaires n’est pas sans ombres, en raison de l’insécurité due à la violence qui, comme toujours, engendre la violence, et limite sérieusement les espaces de liberté". Une situation qui s’aggrave quand on voit les hommes, individuellement et collectivement, "se fermer à la transcendance, à Dieu". Mais le pape a aussi fait àtat des efforts entrepris pour surmonter cette difficulté, en soulignant que "l’évangélisation doit se poursuivre sans rupture, à l’heure ou de tristes nouvelles circulent sur le Mozambique. Il faut continuer d’enseigner à tous quel est le dessein de Dieu", a-t-il ajouté.
Des ouvriers pour la moisson
Dans l’après-midi, Jean Paul II a gagné Nampula, la troisième ville du pays (130.000 hab.). Isolée depuis plusieurs années par les guerilleros, la ville n’est désormais plus accessible que par la voie des airs. Accueilli à son arrivée par les autorités civiles et les représentants de la communauté musulmane, Jean Paul II a rencontré les fidèles à l’occasion d’une célébration de la parole qui avait pour thèmes "Ministres et ministères."
A cett occasion, il a évoqué l’assemblée nationale de pastorale tenue a Beira en 1977, qui avait indiqué comme priorité le maintien en vie des communautés chrétiennes en dépit du manque de prêtres. Il a constaté qu’il subsiste aujourd’hui "une disproportion énorme entre les besoins des chrétiens et le petit nombre des ordinations sacerdotales". Il a en outre rappelé que "la consolidation et la garantie de l’avenir d’une Eglise locale dépend du clergé autochtone" et invité à un effort pour promouvoir les vocations sacerdotales.
Aux prêtres, enfin, Jean Paul II a demandé de défendre la dignité et les droits inaliénables et sacrés de la personne humaine, de contribuer au dialogue pour le développement, dans la justice et la paix, et d’inviter l’union des efforts de tous pour promouvoir l’identité culturelle et nationale du Mozambique. (apic/cip/pr)