Mozambique: constat d’une situation alarmante (020290)
Genève, 2février(APIC) De passage en Suisse à l’invitation de l’Entraide
protestante suisse (EPER) et du Conseil oecuménique des Eglises (COE), Valentine Ziswa, directeur du Bureau de coordination oecuménique pour les secours d’urgence et la réhabilitation des réfugiés d’Afrique australe, a
dressé un constat alarmant sur la situation au Mozambique. Le bilan depuis
l’accès de ce pays à l’indépendance en 1975 est effrayant: 700’000 morts et
plus d’un million et demi de personnes déplacées.
Selon Valentine Ziswa, plus d’un million et demi de réfugiés vivent actuellement hors du Mozambique, 2’600 écoles et 822 hôpitaux et dispensaires
ont été détruits. Sur une population de 15 millions d’habitants, la moitié
vit en-dessous du seuil de pauvreté absolue. "La guerre entre le gouvernement et le Front de libération du RENAMO, soutenu par l’Afrique du Sud, est
la principale cause de cette horreur", affirme-t-il.
Le directeur du Bureau de coordination oecuménique pour les secours
d’urgence, qui venait plaider la cause des 5 à 7 millions de réfugiés et de
personnes déplacées en Afrique australe, craint un abandon de ces populations en détresse de la part de l’Europe, et le désintérêt de celle-ci "actuellement absorbée par l’Europe de l’Est". Il dénonce en outre les conséquences de la crise financière du Haut Commissariat des Nations-Unies pour
les réfugiés (HCR): "Les tâches des Eglises ont doublé, voire triplé".
Toujours selon le témoignage de Valentine Ziswa, les changements en Europe de l’Est ont des répercussions au Mozambique même. "L’évolution des
régimes communistes en Europe de l’Est, constate-t-il, a influencé les régimes marxistes du Sud". Ainsi, le président mozambicain Joachim Chissano a
présenté le 9 janvier dernier un nouveau projet de Constitution dans lequel
toutes les références au marxisme-léniniste sont supprimées. Le nouveau
texte prévoit notamment l’élection du chef de l’Etat et du Parlement au
suffrage universel, l’abolition de la peine de mort et de toute forme de
torture. Le droit de grève y est en outre garanti.
Le partenaire de l’EPER au Mozambique est le Conseil chrétien du Mozambique qui groupe 17 Eglises. Il s’occupe de l’aide d’urgence, mais aussi de
projets de développement et de réhabilitation en faveur des femmes et des
jeunes. Pour la période 1988 - 1989, l’EPER a soutenu le programme des
Eglises par un montant de 882’620 francs. (apic/spp/pr)