Genève, 13décembre(APIC) La délégation du conseil oecuménique des Eglises
(COE) qui a visité le Moyen-Orient a fait une série de réflexions générales
sur la région et surtout sur la coexistence des trois religions monothéistes.
Aujourd’hui, il y a dix millions de chrétiens au Moyen-Orient, dont
l’origine remonte en général aux premiers siècles du christianisme. Même si
l’Islam considère le christianisme et le judaïsme comme des "religions
soeurs", l’histoire n’a pas toujours traduit ces bonnes intentions. De
plus, l’établissement d’Israël a évidemment détérioré les relations entre
le monde musulman et le monde juif. Les chrétiens de cette région gardent
un statut de "soeurs et frères dans la foi" avec leurs voisins musulmans,
malgré les facteurs de tensions. Les chrétiens ont la possibilité de pratiquer librement leur religion, mais l’évangélisation des non-chrétiens par
des chrétiens est taboue au Moyen-Orient.
Ces dernières années, les chrétiens, devenus de plus en plus conscients
de leur situation sociale, ont demandé que leurs chefs accordent une plus
grande attention à la question de l’Unité entre Eglises. Les responsables
sont conscients de ce désir général, mais ils voient bien les facteurs sociologiques qui séparent les structures des Eglises. Un certain progrès a
été réalisé dans ce domaine. Par exemple des initiatives de dialogue ont
été prises récemment en vue de l’unité entre les Eglises orientales (non
chalcédoniennes) et byzantines (chalcédoniennes).
L’élaboration d’une identité religieuse forte est devenue un problème
pour une partie de la société au Moyen-Orient dans les trois religions soeurs de la région: l’islam, le christianisme et le judaïsme. L’identité religieuse fanatique est étroitement liée à la vague de développement du fondamentalisme. Ce phénomène nous ramène au problème des menaces à la présence chrétienne. Les chrétiens de la région ne craigennt point les musulmans
ou l’islam. Toutefois, ils sont profondément inquiets devant le militantisme croissant de goupes islamiques organisés. Ils sont également préoccupés
par le militantisme de Kahane qui se développe chez une partie de la communauté juive en Israël et dans les territoires occupés.
Le caractère "explosif" du militantisme religieux musulman est lié au
fait qu’il est secret et organisé. De nombreux chrétiens sont déçus que le
combat soit si simpliste. De plus le lien entre religieux et politique
défendue par l’Islam inquiète les chrétiens qui voient comment dans
l’histoire ce "ménage" a mené à la catastrophe.
Les Eglises sont également préoccupées par l’émigration. L’émigration
des chrétiens est plus forte et plus permanente que celle des musulmans et,
étant donné que la communauté chrétienne est relativement petite dans la
région, le problème du départ des chrétiens est devenu plus préoccupant.
(apic/soepi/bd)