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    Témoignages de disciples du Christ ressuscité

    Moutier: L’Ecole de la Foi de Fribourg auprès des Prévôtois (040494)

    Moutier, 4avril(APIC) Les membres de l’Ecole de la Foi et des ministères

    de Fribourg ont parlé samedi avec humour et conviction de leur engagement

    auprès des paroissiens de Moutier. Une missionnaire française, un diacre

    gabonais et un jeune dessinateur fribourgeois ont dit particulièrement leur

    joie d’être les disciples du Christ ressuscité. Les membres de l’Ecole de

    la Foi ont animé joyeusement et avec ferveur toute la Semaine Sainte des

    Prévôtois.

    "La jeunesse a la grâce de la folie: Dieu peut faire des choses étonnantes à travers les jeunes car ceux-xi ne mesurent pas encore les conséquences de leurs actes... tandis que les plus âgés ont pour eux leur fidélité,

    jusqu’au bout". Ces mots du Père Jacques Loew, fondateur de l’Ecole de la

    Foi, ont illustré le ton du débat de samedi à Moutier entre les paroissiens

    prévôtois et les membres de l’Ecole de la Foi.

    Michèle-Marie, avant d’être missionnaire laïque consacrée en 1977, a

    d’abord été institutrice à Nantes. Lors d’une retraite, elle comprend que

    les Ecritures s’adressent à elle: "Va, vends, donne, viens, suis". A l’issue d’une lutte très dure, "c’est le Seigneur qui emporte le morceau" dit

    Michèle-Marie. Elle entre dans la communauté de Marthe Robin, sur la côte

    d’Azur, où elle poursuit sa mission d’éducation. Mais l’appel à aller plus

    loin se fait plus pressant. Clin d’oeil de Dieu, les enfants centrafricains

    dont elle a la charge à Bangui, ont le même âge que ceux dont elle s’occupait en France. Après l’Ecole de la Foi, elle reprendra l’animation des retraites aux côtés du Père Ruffieux, l’ancien directeur du Centre St-François de Delémont.

    L’attente patiente d’un diacre gabonnais

    Paul-Auguste, Gabonnais, marié et père de famille, âgé de 60 ans, compare sa destinée à celle de l’ouvrier de la dernière heure. "Je ne rêvais que

    de prêtrise et je suis entré au petit séminaire en 1953. L’évêque d’alors

    m’avait dit: "Paul, tu n’es pas fait pour le monde, mais pour l’Eglise".

    Paul choisit cependant une autre voie. Il devient fonctionnaire et se marie. "35 ans après, je réalise combien les paroles de mon évêque étaient

    prophétiques. En 1986, je me suis formé en vue de mon ordination au diaconat qui s’est réalisée le 1er juillet 1990". Mais le changement de profession n’a pas que des avantages. Paul-Auguste raconte malicieusement l’accueil reçu au moment de prendre, avec son épouse, la responsabilité pastorale

    d’un village de brousse. "Certaines injures contre le serviteur de Jésus

    avaient remplacé les honneurs dûs au fonctionnaire".

    L’un des deux Suisses de l’Ecole de la Foi se prénomme Jean-Marc. Elevé

    dans un milieu catholique non-pratiquant, ce jeune dessinateur a goûté beaucoup de choses et avait un avenir professionnel bien assuré, comme en témoigne le concours d’entrée réussi à l’Ecole d’ingénieur. Quelques jours de

    solitude, en montagne, lui révèlent qu’il ne sera jamais architecte. Puis

    vient un temps de recherche en philosophie, en ésotérisme, en psychologie.

    "Dieu était enfermé dans ma tête, mais il n’était pas vivant. La foi ne

    pouvait prendre racine sans mon affectivité". Un petite phrase accompagne

    cependant Jean-Jacques: "Quitte ton pays et va dans celui que je te montrerai". Avec l’Ecole de la Foi, Dieu a reçu sa place dans la vie de JeanMarc. Et ce dernier a maintenant trouvé sa place dans le monde. Après

    l’Ecole, il passera une année en paroisse. (apic/mjp/ba)

    E N C A D R E

    La Passion au rythme des tams-tams

    Moutier, 5avril(APIC) Pâques 1994 aura marqué un temps de découverte pour

    les Prévôtois qui ont acceuilli dès Jeudi-Saint une centaine de disciples

    de l’Ecole de la Foi de Fribourg. 80 d’entre eux ont logé chez l’habitant

    et les échanges se sont poursuivis tard dans la nuit. Autre point de rencontre, les célébrations, partagées par de nombreux paroissiens de Moutier,

    ont vibré de la vie communautaire de trente nationalités: la moitié des

    disciples viennent de l’Europe, dont une demi-douzaine de l’Europe de l’Est

    (Pologne, Russie, Roumanie). Les Africains représentent 40% des disciples,

    les 10% restants provenant d’Asie et d’Amérique latine.

    Ce brassage culturel a permis des expresions liturgiques particulières,

    lors du triduum pascal: le roulement dramatique des tams-tams, lors du chemin de croix ou pendant le rite africain des pleureuses, L’assistance a été

    boulversée par les cris, les larmes qui roulaient sur les joues de ces femmes pleurant la mort du Christ. Et puis l’allégresse de la proclamation de

    l’Evangile, avec les danseuses en boubous du dimanche lançant des pétales

    de roses et des fleurs de forsithya devant le prêtre et les diacres qui apportaient le livre des Evangiles en chantant et en dansant. L’annonce de la

    Résurrection dans les langues des cinq continents a élargi la vigile pascale aux dimensions du monde, impression renforcée par la longue litanie des

    saints chantée par la chorale Ste-Cécile de Moutier lors du baptême d’un

    catéchumène. Le Père dominicain Michel Poffet, prédicateur de la Semaine

    Sainte, a souligné que la mission qui jette les disciples sur les routes du

    monde passait également par Moutier. (apic/mjf/ba)

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