Paris, 3novembre(APIC) Entre l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie
active existe une voie médiane qui prend en compte la psychologie et les
besoins du malade dans la phase terminale de sa maladie : les soins palliatifs.
Donnés à l’hopital par un personnel préparé à affronter la souffrance et
la douleur, les soins palliatifs associent techniques et psychologie. Soulagé aussi bien dans sa douleur physique (problèmes de respiration, escarres, difficultés à parler, à marcher...) que dans sa souffrance morale
(isolement, solitude, durs bilans sur soi et sur les autres...) le malade
peut vivre sereinement les derniers moments de son existence. Plusieurs
médecins déplorent la prépondérance de la technique qui fait souvent négliger les autres problèmes : "Autrefois, les médecins de campagne entretenaient avec leurs malades des liens personnels : ils les avaient vus
naitre, ils pouvaient les aider à mourir dignement". Au nom de la charité,
des médecins, des soignants, des malades et leurs proches affirment que la
dignité, l’amour ont d’autres armes que la mort.
Parti de Grande-Bretagne ou Cecil Saunders avait fondé le Saint-Christophers’s Hospice, le mouvement a gagné le Canada, les Etats-Unis puis la
France. Infirmières et médecins confrontés quotidiennement à la souffrance
et à la mort ont réfléchi à ce qu’ils pourraient faire pour éviter à leurs
patients condamnés la débacle des derniers jours. "Il faut permettre à ces
personnes de conserver le plus longtemps possible leur autonomie. Faire en
sorte que le soutien que nous leur apportons les aide à poursuivre leur
chemin spirituel, à régler tout ce qui est resté en suspens au cours de
l’existence" affirment-ils.
A l’hopital de la Cité universitaire, à Paris, est née en juin 1986,
sous l’impulsion du docteur Maurice Abiven, la première unité de soins palliatifs en France. Un petit service de 12 lits qui accueille le malade et
sa famille. Avec ce type de soins, c’est la souffrance globale qui est combattue.
Mais les soins palliatifs coutent cher : en temps, en personnel compétent, en installations adéquates. "Il faut du temps pour construire des relations entre le personnel médical et le patient. Ces soins palliatifs sont
le résultat de tout un travail d’équipe effectué à tous les niveaux. La
confiance, cela ne s’improvise pas."
Or il n’y a pas de rallonge budgétaire pour le service du docteur Abiven
et les fonds nécessaires ont été dégagés du budget de l’hopital. Le supplément, tout aussi indispensable, est venu de l’extérieur par l’Association
pour le Développement des Soins Palliatifs (ADSP). Mourir dans la dignité
exige qu’on y mette le prix.
En Suisse Caritas encourage les soins à domicile
Dans la société actuelle, un grand nombre de personnes agées malades
désirent etre soignées à la maison, dans leur entourage quotidien, de façon
à mieux aller à la rencontre de la mort. Dans un document récent CaritasSuisse relate des expériences faites par des groupes d’accompagnants de malades et de mourants : elle souhaite ainsi stimuler le service humain et
satisfaire encore mieux les besoins. (apic/pnd/cor)