Moubarak Awad : un Palestinien pacifiste à Genève (281189)
Genève, 28novembre(APIC) La méthode de résistance civile et la non-violence peuvent venir à bout de l’occupation israélienne des territoires
palestiniens, affirme Moubarak Awad, un psychologue palestinien âgé de 45
ans. A l’image de Gandhi et de Martin Luther King, Moubarak Awad, un
militant d’origine chrétienne, veut remuer les montagnes à partir de la
non-violence. De passage à Genève, il a donné lundi une conférence de presse à l’ONU, au cours de laquelle il a présenté son rapport pour une action
non-violente et de résistance civile.
On dit de lui qu’il serait l’inspirateur de la nouvelle attitude adoptée
par l’OLP. Celle que Yasser Arafat avait révélée l’an passé devant l’Assemblée générale de l’ONU à Genève, lorsqu’il déclara renoncer au terrorisme,
et reconnut aussi le droit à l’existence de deux Etats, l’un Palestinien,
l’autre Israélien.
Responsable d’un orphelinat durant les années qui suivirent la guerre de
1967, Moubarak quitte la Palestine en 1968 pour poursuivre ses études en
psychologie. En 1983, il est de retour à Jérusalem et crée en 1985 le Centre palestinien pour l’étude de la non-violence, avant de proposer un programme "théorique et pratique non seulement pour les Palestiniens, mais
aussi pour le monde arabe en général". Sa méthode figure dans un rapport
comprenant 120 actions de résistance civile non-violente. C’est lui qui, en
mars dernier, a organisé à Tunis un séminaire auquel aussi bien Yasser Arafat que Farouk Khaddoumi et plus de 200 Palestiniens de l’OLP ont participé
et qui avait pour but de diffuser son programme de non-violence.
La méthode de Moubarak est révolutionnaire dans le sens où elle aborde
le problème des territoires occupés sous l’angle psychologique. Au départ,
il y a le constat que chaque Palestinien est en droit de faire. "Non, nous
n’acceptons pas l’occupation. Chaque jour nous allons donc faire un acte
pour y mettre fin par des actions non-violentes". Seuls les Palestiniens
pourront parvenir à mettre un terme à l’occupation. La méthode de Moubarak
Awad se divise ainsi en quatre parties qui abordent tour à tour l’aspect
politique, économique, idéologique et religieux de la situation dans laquelle vivent les Palestiniens dans les territoires occupés.
Refuser de payer les impôts
Ainsi, dans la ville chrétienne de Beit Sahour, près de Bethléem, par
exemple, où les Palestiniens refusèrent de payer leurs impôts aux Israéliens, il fut fait appel à 30 soldats alors qu’habituellement un seul suffisait. Les soldats décidèrent de saisir les meubles des Palestiniens et on
a pu voir des hommes et des femmes les aider
à transporter les objets saisis... Sur le plan économique, la désobéissance
consiste à refuser à travailler en Israël. Car les Israéliens ne peuvent à
la fois être occupants et bénéficiaires du travail des Palestiniens.
On ne travaillera que pour sa communauté, relève Moubarak Awad, qui vit
actuellement aux Etats-Unis après son expulsion par les autorités israéliennes. Selon lui, une telle action serait suivie par 80 à 90% des Palestiniens, et l’intifada, sous forme de résistance non-violente, pourrait
tenir ainsi durant trois ans. Même si l’infrastructure économique dans les
territoires occupés s’est bien dégradée, elle reste néanmoins suffisante et
l’OLP fait parvenir de l’argent à l’ensemble de la population. D’ailleurs
l’action que prône ce pacifiste chrétien prévoit que la population se contente de l’essentiel, suffisament pour subsister avec le minimum... (apicar/pr)