"juste solution" du problème des "uniates"
Moscou, 8juin(APIC) Pour la première fois en Union soviétique, un évêque
de l’Eglise orthodoxe russe, le métropolite Irinej de Vienne, a défendu
publiquement le droit des catholiques ukrainiens à un libre choix de leur
confession religieuse. L’Eglise catholique ukrainienne avait été interdite
en Union soviétique en 1946 sous la pression des autorités et incorporée
dans l’Eglise orthodoxe russe contre la volonté de la grande majorité du
clergé et des fidèles. Le métropolite Irinej, qui participe actuellement au
Concile national de l’Eglise orthodoxe russe à Zagorsk, a abordé ce thème
au cours d’une conférence de presse donnée en marge du Concile.
Le métropolite y voit un problème à la fois politique et religieux. En
ce qui concerne la dimension religieuse, il est selon lui erroné de vouloir
résoudre le problème des catholiques uniates par un passage des fidèles
dans une autre Eglise, comme cela a eu lieu en 1946. La politique actuelle
de révision et de transparence pourrait mener à des progrès dans ce domaine, a encore dit le métropolite de Vienne. Il a cependant expressément
déclaré que cette vue était la sienne propre.
Dans le discours de salutation qu’il a adressé au Concile, le chef du
Secrétariat du Vatican pour l’unité, le cardinal Johannes Willebrands, a
aussi abordé le thème de l’Eglise catholique ukrainienne interdite en Union
soviétique. Il a rappelé la ligne officielle du Vatican. Le métropollite
Irinej n’a pas critiqué cette position. Le Concile national s’est lui-même
penché sur le problème des uniates mardi, en l’absence de tout hôte étranger.
Le métropolite Irinej a parlé du climat de franchise et de liberté dans
lequel se déroulait le Concile. "Je n’ai jamais entendu des critiques si
ouvertes à l’égard de sa prope Eglise que dans ce Concile", a-t-il expliqué. Les participants au Concile auraient surtout critiqué l’ "administration" de l’Eglise. Le métropolite s’est félicité de l’évolution sensible du
climat religieux en URSS. "Tout ce qui touche l’Eglise était depuis longtemps tabou dans ce pays. Nous jouissons maintenant d’une pleine liberté
religieuse", devait-il souligner.
Avant le Concile, le métropolite Filaret de Kiev avait fait état du
"processus de perfectionnement de la société soviétique" qui a des effets
positifs sur la vie de l’Eglise. Mais il reste pour elle des problèmes à
résoudre, comme par exemple l’enregistrement des communautés ecclésiales
orthodoxes dans les endroits ou il n’y a pas de lieu de culte. Des progrès
ont été faits, mais en son temps la fermeture des églises avait été beaucoup plus rapide que leur réouverture aujourd’hui. (apic/kpr/ym)