Moscou: Restitution des églises et défense du patrimoine national (170491)
Moscou, 17avril(APIC) Une consultation a eu lieu entre des représentants
de l’Eglise orthodoxe russe, des fonctionnaires des ministères de la culture de l’URSS et de la république Socialiste Fédérative Soviétique de Russie
(RSFSR) ainsi que des membres du Fonds soviétique de la culture afin d’examiner la restitution de 550 édifices religieux. La demande en avait été
faite par le Patriarche de Moscou, Alexis II, dans une lettre adressée le
30 août 1990 au premier ministre de la RSFSR. En dépit de l’avis favorable
de ce dernier il semblerait qu’il reste à ce jour quelques problèmes en attente d’une solution et une certaine inquiétude dans les milieux religieux.
Dans les milieux orthodoxes moscovites, ce texte suscite des inquiétudes
dans la mesure où: "sous couvert de défense du patrimoine, il semble remettre en cause une partie du processus de restitution des édifices religieux
entamé depuis la fin de l’année 1988" relève le Service Orthodoxe de Presse
(SOP). Il semblerait d’autre part que l’on assiste à une tentative d’instauration d’un contrôle quant à l’utilisation de certains monuments qui
sont déjà la propriété de l’Eglise.
Une certaine échelle de valeur
Tout en admettant que la majorité des églises doivent être rendues à
leur fonction initiale, les "spécialistes dans le domaine de la restauration et de la conservation des monuments historiques" exigent " une approche différentielle dans la définition de l’appartenance de ces édifices
dans la mesure où ils sont de valeur artistique ou historique inégales".
Ces responsables classent les édifices en quatre catégories. Les bâtiments qui ne présentent pas d’intérêt artistique ou historique peuvent être
restitués à l’Eglise. Il s’agit de la majorité des édifices en cause. Il y
a d’autre part les monuments "peu nombreux" qui ont "une valeur de musée"
et qu’il est nécessaire de préserver. Ceci entraînerait une limitation du
nombre des célébrations. Le troisième groupe comprend 16 édifices, dont la
cathédrale de la Dormition au Kremlin, transformée en musée depuis 1918, et
la cathédrale Notre-Dame de Kazan à Leningrad qui, jusqu’en 1989, abritait
le musée de l’athéisme. les monuments concernés pourraient accueillir des
célébrations liturgiques "à titre exceptionnel" et "pour un nombre de fidèles limité". Enfin, un quatrième groupe de huit églises classées "monuments
architecturaux et picturaux uniques", dont la cathédrale Sainte-Sophie de
Novgorod, "ne peuvent être utilisés pour des cérémonies religieuses et doivent garder exclusivement leur statut de musée".
Réactions de l’Eglise orthodoxe
Les premières réactions de l’Eglise orthodoxe sont plutôt critiques. Selon l’évêque Alexandre de Kostroma, nouveau président du Mouvement de jeunesse de l’Eglise orthodoxe cité par Izvestia, cette tentative viserait à
présenter l’Eglise comme "un élément nuisible à la défense du patrimoine
national". Pour sa part, le Père Viatcheslav Polosin, prêtre orthodoxe et
député au Soviet suprême de la RSFSR a rappelé que la restitution est un
"acte de justice élémentaire" puisque les églises avaient été confisquées
de force lors de campagnes anti-religieuses. (apic/sop/ecl)