"Le pape ne cherche pas à convertir les orthodoxes"
Moscou/Bruxelles, 26avril(APIC) Les tensions actuelles entre les Eglises
catholique et orthodoxe ne sont pas irrémédiables. Tel est l’avis de Dimitrij Shumarin dans un récent article publié dans la "Gazette indépendante"
de Moscou. Le titre est évocateur: "Le pape de Rome ne cherche pas à attirer les orthodoxes au catholicisme". En resituant les événements dans leur
contexte historique, l’auteur constate qu’il s’agit d’un "conflit mineur
récurrent" qui n’engendre pas de rupture complète.
On peut distinguer deux problèmes principaux à la source des tensions
entre les Eglises: l’existence des communautés gréco-catholiques (uniates)
et l’ouverture de paroisses catholiques sur le territoire de la Russie. Si
il y a deux ou trois le premier pouvait être considéré comme majeur, c’est
le second qui retient aujourd’hui l’attention.
En janvier 1990, des discussions se sont déroulées à Moscou. On y a formulé les principes d’une normalisation des rapports entres les catholiques,
les gréco-catholiques et les orthodoxes. A la fin de 1990, une déclaration
de la Commision mixte pour le dialogue théologique entre les Eglises orthodoxes locales et l’Eglise catholique romaine a été publiée à Freising. Les
signataires y refusent l’uniatisme "comme voie de rétablissement de l’unité" et excluent "de l’activité pastorale tout prosélytisme c’est-à-dire de
faire passer des croyants d’une confession à l’autre".
Condamnation du prosélytisme
Cette condamnation du prosélytisme devrait favoriser la coexistence des
communautés. Du côté du Saint-Siège on assure invariablement que les nouvelles structures mises en place dans la CEI "ont pour but de répondre aux
besoins spirituels des croyants catholiques". Explication que refusent les
représentants du Patriarcat de Moscou qui attribuent au prosélytisme romain
l’augmentation du nombre des catholiques en Russie spécialement parmi les
jeunes et les intellectuels.
Le sommet des patriarches orthodoxes du Phanar a repris ces préoccupations: "des réseaux missionnaires ont été installés, on pratique le prosélytisme avec toutes les méthodes qui avaient été condamnées et rejetées par
tous les chrétiens depuis des décennies." On ne peut conclure cependant de
ces malentendus à une rupture ou à un gel des relations estime D. Shumarin.
Les principes de ces relations ont été clairement publiés à l’issue
d’une session mixte qui s’est tenue à l’Ariccia près de Rome en juin 1991.
On constate dans ces documents que les deux Eglises ne se considèrent plus
chacune comme unique gardienne du salut, mais comme des Eglises soeurs."
Ces Eglises "aspirent sur la base du dialogue et de la prière, à une communion pleine et parfaite, qui ne soit pas une absorption ni une fusion,
mais une rencontre dans l’amour et la vérité."
Mais précise D. Shumarin cela ne signifie pas que toutes les Eglises orthodoxes sont d’accord sur ce point. Il vise là les représentants de
l’Eglise orthodoxe hors frontières ainsi que ceux de l’Union des fraternités orthodoxes. Ce conflit n’engendre pas la rupture complète, il est plutôt une forme de coexistence des deux Eglises soeurs, conclut D. Shumarin.
(apic/cip/mp)