Moscou: l’Eglise orthodoxe russe en chiffres (181290)
Moscou, 18décembre(APIC) L’Eglise orthodoxe russe en Union soviétique vit
une accélération du rythme de réouverture des paroisses, des monastères et
des écoles de théologie, révèlent des statistiques publiées en octobre dernier par le Département des relations extérieures du patriacat de Moscou.
Cependant l’Eglise orthodoxe russe se trouve confrontée à des conditions
financières et matérielles difficiles en raison de la crise que traverse le
pays. Plusieurs responsables du patriarcat craignent une brutale asphyxie
matérielle de l’Eglise qui pourrait mettre en péril certains projets pastoraux.
Selon les statistiques publiées par le patriarcat de Moscou, les 75 diocèses de l’Eglise orthodoxe russe en URSS comptent aujourd’hui 11’940 paroisses, dont 1’830 ouvertes au cours des neuf premiers mois de cette année. Par ailleurs, 542 communautés récemment enregistrées se sont lancées
dans la construction d’une église et 1’179 édifices (églises ou maisons de
prière) ont été remis à des paroisses pour servir de lieux de culte.
L’Eglise russe possède également 56 monastères, dont 25 communautés de
moines et 31 de moniales. Les établissements d’enseignement dépendant de
l’Eglise s’élèvent maintenant à 26 : 2 académies de théologie ( Moscou, Léningrad), 7 séminaires (Moscou, Leningrad, Kiev, Odessa, Minsk, Stavropol,
Tobolsk), 12 collèges ecclésiastiques répartis dans tout le pays, 4 écoles
de maîtres de chapelle et une école d’iconographie. 2’398 étudiants suivent
actuellement des cours dans les académies et les séminaires, dont 921 par
correspondance.
Ces chiffres indiquent une très nette augmentation de l’ensemble des paroisses du patriarcat de Moscou, ainsi que des monastères, si on les compare à ceux communiqués par le métropolite Vladimir de Rostov lors de l’assemblée épiscopale d’octobre 1989. L’an dernier, à la même époque, l’Eglise
russe comptait en effet 9’734 paroisses et 35 monastères. Toutefois, le
nombre de réouvertures de paroisses semble quelque peu stagner, car durant
les 9 premiers mois de 1989, l’Eglise avait pu en rouvrir 2’185.
Ce léger ralentissement traduit probablement les difficultés auxquelles
se trouvent confrontés le patriarcat et les paroisses lorsqu’il s’agit
d’effectuer la restauration d’édifices rendus le plus souvent dans un état
de délabrement complet, sinon en ruines. L’obtention de matériaux de
construction de qualité, alors que l’économie du pays est plongée dans un
état de déficit chronique, constitue un très grave problème pour la plupart
des communautés paroissiales, qui doivent se fournir sur le marché parallèle, où les prix atteignent des taux exorbitants. Devant cette situation,
certains responsables du partriarcat craignent une asphyxie matérielle de
l’Eglise qui aurait pour résultat de mettre en danger ses projets dans le
domaine de l’édition, de la catéchèse et de l’action caritative. (apic/sopba)