Moscou: l’Eglise catholique sort des catacombes (040990)
De notre correspondant à Moscou Roberto Masi
Moscou, 4septembre(APIC) La récente nomination du Père Franziskas Ratchounas comme nouvel aumônier de l’église catholique de St-Louis de France
à Moscou permet désormais aux catholiques de la capitale soviétique, très
différenciés du point de vue culturel et linguistique, de montrer enfin le
visage de l’Eglise d’après Vatican II.
Le catéchisme chaque jour après la messe ainsi qu’un cours préparatoire
au baptême montrent déjà la ligne pastorale du nouvel aumônier. Ce sont là
en effet des nouveautés absolues pour les catholiques de Moscou. La langue
russe commence de même à prendre sa place en tant que langue liturgique,
alors qu’il y a quelques semaines seulement le latin était utilisé tout au
long des célébrations.
Autre grande nouveauté : l’apparition d’un autel en forme de table emprunté par "l’aumônier des diplomates", ce qui permet de suivre la messe
selon le rite d’après le Concile Vatican II, le célébrant face aux fidèles.
Le Révérend Stanislav Majeika, plus qu’octogénaire, qui a été à la tête des
catholiques de Moscou ces 20 dernières années, poursuit son activité en
tant que curé.
Les catholiques de Moscou constituent une réalité très composite : les
Polonais qui se différencient entre la vieille immigration, traditionaliste
et conservatrice, et une nouvelle immigration plus ouverte, et dont l’expérience de la foi est plus proche de celle de la Pologne d’aujourd’hui; les
Russes provenant de l’orthodoxie et ceux convertis de l’athéisme; les autres Soviétiques (Ukrainiens, Biélorusses, Lituaniens, Allemands, etc) venus également de la culture orthodoxe ou de l’athéisme communiste.
Les Polonais sont maintenant enregistrés auprès de l’Etat soviétique en
tant que communauté indépendante ayant droit à une église. D’autres groupes
de croyants sont d’ailleurs en train de compléter le processus d’enregistrement.
Un autre lieu de culte a déjà été assigné aux Polonais: il s’agit d’une
vieille église, au coeur de la ville, qui avait été transformée en usine
après la Révolution. Mais les travaux de rénovation vont durer au moins
deux ans. On prévoit la même situation pour les autres communautés qui vont
obtenir l’approbation de l’Etat, ce qui oblige les catholiques à une cohabitation pas toujours simple dans la paroisse de Saint-Louis.
Les catholiques étrangers ont eu jusqu’à présent une situation plus favorable avec un aumônier étranger, un père assomptionniste, officiellement
"responsable de la paroisse des diplomates". Les pères assomptionnistes
étaient, déjà avant la révolution de 1917, aumôniers de Saint-Louis.
Chassés de la paroisse après la fête du Patron le 25 août 1950, les Pères ont dû quitter l’Union Soviétique, pour revenir quelques années plus
tard en tant qu’aumôniers des diplomates, mais il n’y avait pas de relations entre la "paroisse des diplomates" et "Saint-Louis de France".
C’est seulement le 2 septembre dernier, c’est-à-dire 40 ans après le départ des assomptionnistes, que le père Norbert A. Meiklejohn, aumônier des
diplomates et assomptionniste lui-même, a eu la permission de célébrer la
messe sur l’autel majeur de l’église de Saint-Louis. En effet la salle destinée aux services religieux pour les diplomates est occupée trois semaines
durant par une délégation américaine. "C’est un événement historique, et on
espère pouvoir continuer la collaboration avec la paroisse", a dit le père
Norbert après la lecture de l’Evangile.
Le représentant du Saint-Siège à Moscou, Mgr Francesco Colasuonno, avait
déclaré, lors de son premier contact avec la communauté de Saint-Louis en
mai dernier que l’un de ses devoirs était "la reconstitution en Union Soviétique de la hiérarchie de l’Eglise catholique, afin que les catholiques
soient en ce pays chez eux comme dans tout le reste du monde".
(apic/mr/gar)