Moscou: l’Eglise catholique sort des catacombes (030990)
Moscou, 3septembre(APIC) La nomination du nouveau aumonier de l’église
catholique de St.Louis de France à Moscou, qui a eu lieu il y a à peu près
un mois, met les catholiques de la capitale soviétique, très différenciés
du point de vue culturel et linguistique, en condition de pouvoir montrer,
enfin le visage de l’Eglise d’après le dernier concile.
Le catéchisme chaque jour après la Sainte Messe, un cours préparatoire au
baptême signalisent la ligne pastorale du nouvel aumônier, le père Franziskas Ratchounas, et sont des nouveautés absolues pour les catholiques de
Moscou.
La langue russe commence de même à prendre sa place en tant que langue
liturgique, tandis que jusqu’à il y a quelques semaines seulement le latin
était utilisé tout le long des cérébrations.
Une grande nouveaauté est aussi marquée par la parution d’un autel en
forme de table (l’autel propre du rite latin après le Concile Vatican II),
emprunté par l’aumônier des diplomates, ce qui permet de suivre la Sainte
Messe selon le rite d’après le Concile, avec le célébrant face aux fidèles
Le Révérend Stanislav Majeika, désormais plus qu’octogénaire, qui a été
à la tête des catholiques de Moscou le long des 20 dernières années, poursuit son ooeuvre en tant que curé.
Les catholiques de Moscou constituent une réalité composite et très variée: les polonais différenciés entre la vieille immigration, traditionnaliste et conservatrice, et une nouvelle immigration plus ouverte, et dont
l’expérience de la foi est plus proche de celle de la Pologne d’aujourd’hui; les Russes provenant de l’orthodoxie et ceux convertis de
l’athéisme; les Soviétiques (ukrainiens, biélorusses, lithuaniens, allemands, etc) qui étaient orthodoxes et ceux de culture athéo-communiste.
Les Polonais sont maintenant enregistrés auprès de l’Etat soviétique en
tant que communauté indépendante ayant droit à une église. D’autres groupes
de croyants sont d’ailleurs en train de compléter le processus d’enregistrement.
Un autre lieu de culte a déjà été assigné aux Polonais: il s’agit d’une
vieille église, au coeur de la ville, qui avait été transformée en usine
après la révolution communiste. Mais les travaux de renouvellement vont durer au moins deux ans. On prévoit la même situation pour les autres communautés qui vont obtenir l’approbation d l’Etat, ce qui oblige les catholiques à une cohabitation pas toujours simple dans la paroisse de Saint Louis.
Les catholiques étrangers ont eu jusqu’à présent une situation plus favorable avec un aumônier étranger, un père assomptionniste, officiellement
"responsable de la paroisse des diplomates". Les pères assomptionnistes
étaient, déjà avant la révolution de 1917, aumôniers de Saint Louis.
Chassés de la Paroisse après la fête du Patron le 25 août 1950, les Pères ont dû sortir de l’Union Soviétique, pour revenir quelques années plus
tard en tant qu’ aumôniers des diplomates, mais il n’y avait pas de relations entre la "paroisse des diplomates" et "Saint Louis de France", car le
KGB s’occupait activement de garder ses distances par rapport à l’intimidation dont a été plusieurs fois victime l’ambassadeur de Suisse à Moscou, M.
Pianco.
C’est seulement le 2 septembre dernier, c’est-à-dire 40 ans après le départ des assomptionnistes, que le père Norbert A. Meiklejohn, lui-même aumônier des diplomates et assomptionnistes, a eu la permission de célébrer
la Sainte Messe sur l’autel majeur de l’église de Saint Louis. En effet la
salle destinée aux services religieux pour les diplomates sera occupée par
une délégation américaine. "C’est un événement historique, et on espère
pouvoir continuer la collaboration avec la paroisse", a dit le père Norbert
après la lecture de l’Evangile.
Le Nonce du Saint Siège à Moscou, Mgr. Colasuomo avait déclaré, lors de
son premier contact avec la communauté de Saint Louis en mai dernier que
l’un de ses devoirs était "la reconstitution en Union Soviétique de la
hiérarchie de l’Eglise catholique, afin que les catholiques soient en ce
pays chez eux comme dans tout le reste du monde".
Mais on espère que la mission du Nonce ne s’arrêtera pas là: l’église
catholique officielle et celle qui était clandestine, l’une sortant de
plusieurs années de léthargie, tandis que l’autre était martyrisée et
abrutie par son statut de ghetto, attendant sa pleine intégration dans
l’actualité de l’Eglise catholique universelle. (apic/mr/gar)