Moscou : discours du cardinal Casaroli au Bolchoï (100688)
Moscou, 10 juin (APIC/CIP) "Le fait religieux, en particulier celui du
christianisme, reste d’une incontestable actualité. Il ne peut être négligé
par quiconque à la responsabilité d’affronter la réalité, dans la vie quotidienne des peuples et dans ses projets pour demain. Le réalisme de l’homme d’Etat l’exige, le respect de l’homme le requiert", a déclaré le cardinal Casaroli, secrétaire d’Etat du Vatican, lors d’une cérémonie publique
qui s’est déroulée vendredi 10 juin au "Bolchoï" à Moscou dans le cadre de
la célébration du Millénaire de la christianisation de la Russie.
Le cardinal Casaroli a fait allusion à la vieille maxime latine "cuius
regio, eius religio" (tel prince, tel religion), qui affirme l’ingérence et
la prépondérance de l’Etat dans le domaine de la religion, constatant que
"le monde moderne a reconnu la nécessité de garantir, dans des formes juridiques toujours plus appropriées, cette autonomie" (de l’individu pour ce
qui regarde sa conscience profonde).
"C’est un motif de satisfaction et de confiance pour l’avenir, a ajouté
le cardinal, qu’à l’approche des célébrations du Millénaire du Baptême de
la Rus’ de Kiev, la place et le rôle de l’Eglise dans la société issue de
la révolution d’octobre 1917 aient reçu ici une reconnaissance publique et
positive... L’importance de ce fait n’a pas échappé à l’attention d’une
opinion publique encore hésitante et sceptique à bien des égards, suite à
bien des expériences passées. A nos yeux, ce fait prend un relief qui va au
delà de l’Eglise orthodoxe russe, avec laquelle nous ne pouvons que nous en
réjouir vivement; il faut espérer qu’un souffle nouveau animera l’ensemble
des relations de l’Etat soviétique avec la religion en général, et également en fonction de la nouvelle selon laquelle ’est actuellement en cours
d’élaboration une nouvelle loi sur la liberté de conscience, qui tiendra
compte également des intérêts des organisations religieuses’". (Citation
d’un discours de Mikhaïl Gorbatchev adressé au patriarche de Moscou le 29
avril 1988.)
Une allusion aux catholiques ukrainiens
Dans son discours, le secrétaire d’Etat du Vatican a fait également allusion à la présence en URSS de la communauté uniate (catholique de rite
byzantin) d’Ukraine.
"Je fais mien le voeu que, grâce aux nouvelles perspectives ouvertes,
l’Eglise orthodoxe russe et les autres communautés religieuses de l’URSS parmi lesquelles il me sera permis de rappeler celles qui sont en pleine
communion avec Rome - soient en mesure non seulement de mieux accomplir
leur activité, mais aussi d’apporter une collaboration toujours plus efficace, à la manière qui leur est propre, au développement de la grande société soviétique, dans le domaine de la culture, de la vie morale et d’une
harmonieuse convivialité. A ce voeu, j’ajoute ce souhait (...) : celui
d’une paix véritable et durable dans le monde, en réponse à l’as- piration
des peuples, une tâche qui s’impose à tous les hommes de bonne volonté".
(apic/cip/bd)