Moscou: deuxième année d’existence pour l’école de théologie catholique
Georges Scherrer / agence APIC
Moscou/Fribourg, 28octobre(APIC) Attentifs sur leurs bancs d’écoles, des
Russes, hommes et femmes, jeunes et vieux, suivent avec receuillement le
cours d’introduction à l’Ancien testament donné par un laïc orthodoxe. Les
auditeurs prennent des notes: les livres de théologie ne sont pas disponibles en Russie. Nous sommes à l’école de théologie catholique saint Thomas
d’Aquin à Moscou. Ici comme ailleurs, les moyens financiers manquent, mais
le succès dépasse toutes les espérances, témoigne le doyen de l’école, le
père italien Bernardo Antonini.
A l’école saint Thomas d’Aquin, les étudiants peuvent acquérir en trois
ans une formation théologique. Les cours ont lieu le soir et les fins de
semaines.
L’école occupe un étage d’un des gigantesques blocs de bâtiments que les
autorités communistes ont laissé en héritage aux Moscovites à la place des
anciens quartiers. Le crépi est tombé à plusieurs endroits. La porte s’ouvre en grinçant sur le vaste escalier. L’école se situe au 4e étage. Les installations sont vétustes. Lorsqu’on tente d’ouvrir la porte d’une des salles de classe, la poignée reste dans la main. Après un instant dénervement,
la porte s’ouvre sur une salle où une vingtaine d’hommes et de femmes se
pressent sur de vieux bancs d’écoles.
On attendait 15 étudiants, 150 se sont présentés
Avant d’être appelé à la direction de cette école par Mgr Tadeusz Kondrusiewics, administrateur apostolique de Moscou, le Père Bernardo Antonini
a été durant 32 ans professeur de sciences bibliques à Vérone en Italie. Il
comptait au départ sur une quinzaine d’étudiants, 150 sont venus, catholiques et orthodoxes, certains n’étaient même pas baptisés. Aujourd’hui 28
professeurs, dont quatre prêtres catholiques enseignent à l’école saint
Thomas d’Aquin, les autres sont des laïcs, catholiques et orthodoxes.
L’école a été ouverte le 9 novembre 1991. Pour la seconde année scolaire
300 personnes se sont inscrites aux cours. Dans une dizaine d’autres villes
de l’ex-URSS dont St-Peterstbourg, Kiev, Omsk et Saratov, d’autres instituts catholiques se sont ouverts sans l’aide de Moscou et comptent quelque
200 étudiants. Les participants aux cours reçoivent un soir par semaine et
le samedi matin une formation théologique de basse répartie sur trois ans.
Le doyen de l’école voit déjà plus loin, il espère ouvrir l’année
prochaine un séminaire de théologie avec une formation sur six ans. Ainsi
on peut espérer que de nouveaux prêtres formés à Moscou pourront
entreprendre bientôt leur ministère.
Tous les étudiants ne désirent pas forcément continuer des études théologiques après leur formation de base. Sergej, un catholique de 24 ans
laisse la porte ouverte. Beaucoup de personnes de tous âges profitent simplement de ces cours pour retrouver ce coude-à-coude avec la religion qui
leur fut interdit sous l’ère communiste. (apic/Georges Scherrer/mp)