Montée du racisme, de la violence et de l’intolérance en Suisse (191289)
Fribourg, 19décembre(APIC) Caritas Fribourg s’inquiète de la montée du
racisme en Suisse, de la violence et de l’intolérance manifestées notamment
à l’égard des étrangers. Dans une déclaration rendue publique mardi 19 décembre, la direction et le personnel de Caritas relèvent ce paradoxe:
"Alors qu’ailleurs on enlève les barbelés, en Suisse on commence à en installer".
Dans notre société "de plus en plus axée sur l’individualisme, la consommation, le profit... on assiste à une perte des valeurs telles que
l’honnêteté, le sens de l’hospitalité, la solidarité"... constate Caritas
Fribourg pour qui la situation actuelle, avec la montée de l’intolérance et
de la violence, "n’est certainement pas le fruit du hasard". Et de l’expliquer en relevant qu’elle pourrait être en l’occurrence un des produits de
notre société d’abondance où de plus en plus d’êtres humains, dès leur plus
jeune âge, sont soumis au stress, au manque de disponibilité, d’amour, de
compréhension".
La déclaration insiste sur le rythme de vie actuel propre à engendrer
des peurs: Peur de l’afflux de populations des pays pauvres; peur de perdre
sa place de travail, de perdre son identité, ses racines, peur de la hausse
des prix, du lendemain. "Les conséquences de toutes ces peurs, poursuit Caritas Fribourg, sont bien visibles à travers l’actualité. Ce sont surtout
les étrangers, les marginaux, voire même les jeunes qui servent de boucs
émissaires. Il est frappant de constater qu’on s’en prend souvent à plus
vulnérable que soi. On projette sur lui nos difficultés, nos problèmes".
De plus, fait-on remarquer, "notre société entretient volontairement des
contradictions qui amplifient ces phénomènes tout en nous apportant des avantages: être une terre d’accueil et soutenir des gouvernements qui poussent leurs populations à l’exil; bénéficier de prix avantageux sur les matières premières et accélérer ainsi l’endettement des pays fournisseurs;
favoriser le développement des grandes sociétés, d’entreprises privées et
renforcer ainsi les inégalités ici et ailleurs".
En définitive, conclut la déclaration, c’est à chacun d’entre nous de
définir la société que nous voulons pour l’avenir. Et même "si parfois nous
avons un sentiment d’impuissance, de découragement, il est toujours possible de faire preuve de solidarité et de tolérance". Pour Caritas Fribourg,
il faudra bien un jour arrêter de tirer égoïstement la couverture à soi et
se rendre à l’évidence que "si l’on veut vraiment construire la paix, il
faudra se résoudre à mieux partager avec toute la population du globe".
(apic/com/pr)