Montana: Le cardinal Schwery répond aux informateurs religieux (220692)
Montana, 22juin(APIC) Hôte d’honneur et orateur de la 1ère Rencontre des
journalistes d’information religieuse francophones d’Europe qui a réuni du
19 au 21 juin à Montana (Valais) une trentaine de journalistes de France,
de Belgique et de Suisse romande, le cardinal Schwery à répondu aux questions des confrères français et belges. L’affaire de Coire et les suites du
schisme d’Ecône font aussi couler de l’encre au-delà des frontières suisses.
A propos de l’"affaire Haas", le cardinal Schwery a tenu à préciser
qu’il ne partageait pas du tout la vision que les médias ont donnée du problème en Suisse, notamment quand on présente la nomination de Mgr Wolfgang
Haas comme un "acte autoritaire de Jean Paul II". Si le pape a effectivement signé cette nomination, il ne faut pas oublier, relève le cardinal
Schwery, qu’il y a tout de même 4’000 évêques dans le monde. Par conséquent
le pape ne fait souvent qu’approuver les noms qu’on lui présente, une pratique inhérente à toute grande institution.
A l’époque président de la Conférence des évêques, Mgr Schwery estime
que cette nomination est plutôt le fruit d’une "cabale" de certaines personnes, mais que le pape n’y est pas mêlé. L’évêque de Sion déplore que
l’affaire de Coire coûte tant d’énergie et de travail aux évêques et souhaite "un tout petit peu de dialogue" entre les opposants à Mgr Haas l’écrasante majorité du peuple et des pasteurs de Suisse alémanique - et
l’évêque lui-même.
Dans ce conflit, la question de fond qui divise les protagonistes est de
savoir quelle est l’ecclésiologie que l’on a, quelle est l’image que l’on
véhicule du sacerdoce, de la participation des laïcs à la vie de l’Eglise
et de la formation spécifique des futurs prêtres. Le cardinal Schwery a reconnu que cette affaire aurait pu être mieux gérée, avec un peu plus de
transparence. Il aurait souhaité quant à lui une meilleure politique d’information. Début juillet, lors de la prochaine visite "ad limina" à Rome
des évêques suisses, l’affaire de Coire devrait faire l’essentiel des discussions avec le pape lui-même, chez le cardinal Sodano, secrétaire d’Etat
du Vatican, et chez les responsables de la Congrégation des évêques.
"Calme plat à Ecône"
A propos d’Ecône, le cardinal Schwery affirme que "c’est le calme plat".
En effet, avec la perte de leur porte-drapeau, Mgr Lefebvre, les gens
d’Ecône ne font plus d’adeptes. Le mouvement n’est certes pas encore en
train de s’effilocher, relève l’évêque de Sion, et s’il y a eu un certain
décantage lors du schisme de 1988, les hésitants étaient déjà partis avant.
Le phénomène intégriste touche de toute façon moins la Suisse que la France, l’Allemagne ou l’Italie, et sur 230’000 catholiques du diocèse de Sion,
par exemple, moins d’un millier se réclament de Marcel Lefebvre. L’intégrisme, durera, conclut-il, tant que des gens entretiendront la confusion
intentionnelle entre la politique et la théologie, "le noeud du problème de
Mgr Lefebvre". (apic/be)