Montana: 1ère Rencontre des journalistes (210692)
L’Europe face au défi oecuménique de la nouvelle évangélisation
Montana, 21juin(APIC) Une trentaine de journalistes de France, de Belgique et de Suisse romande ont participé du 19 au 21 juin à la 1ère Rencontre
des journalistes Montana: 1ère Rencontre des journalistes (210692) à la Villa
Notre-Dame à Montana, au-dessus de Sierre. Le cardinal Schwery, le métropolite Damaskinos et le pasteur Vonaesch, ont été les principaux orateurs de
ce colloque consacré au défi oecuménique de la nouvelle évangélisation. Le
constat des participants: dans un pays sécularisé et pluraliste comme la
Suisse, on ne peut évangéliser qu’en sortant d’un confessionnalisme étroit.
Organisée par l’Association des Journalistes catholiques de Suisse
(AJCS), la rencontre de Montana a montré que si l’on veut parler d’évangélisation en Suisse et au plan européen, il est nécessaire dans de nombreux
cas de "recommencer à balbutier la foi", de tout reprendre à zéro, en raison de la perte croissante du savoir religieux dans la population. Etant
donné l’effacement progressif des différences confessionnelles, les diverses dénominations chrétiennes doivent parler de Dieu le plus possible d’une
même voix, d’une façon commune - même s’il y a des endroits où les
divergences confessionnelles réapparaîtront légitimement - sinon les
Eglises courront le risque de n’être plus ni suivies ni écoutées.
Le Christ ressuscité, centre dynamique de la culture chrétienne
A propos de la "nouvelle évangélisation", l’évêque de Sion a rappelé
qu’elle n’a de nouveau que le fait d’être actualisée, pensée dans le climat
culturel actuel. Et le centre dynamique de la culture chrétienne, a-t-il
tenu à souligner, "la raison d’être du christianisme, le feu comparable à
nulle autre énergie, ce n’est rien moins que la Résurrection du Christ".
Pour le cardinal Schwery, l’homme n’est plus chrétien que de nom s’il n’est
pas témoin rayonnant du Christ ressuscité. Ainsi, se profile un nouveau défi pour les missionnaires chrétiens en Europe.
Ce défi se trouve non plus tellement à la frontière entre catholiques et
protestants, et avec la disparition du "rideau de fer", il faut y inclure
les orthodoxes, "mais peut-être bien en ce lieu du choix nécessaire entre
les traditions du christianisme et l’adhésion à Jésus, entre la culture
chrétienne seule et la foi chrétienne animant sa culture". Le cardinal
Schwery estime que l’oecuménisme en Europe ne survivra que s’il relève le
défi de l’évangélisation, une démarche d’évangélisation qui restera forcément "confessionnelle", tout en proclamant les nombreuses valeurs communes
aux religions chrétiennes. Surtout le noyau fondamental du message: "l’annonce d’un Christ sauveur qui est ressuscité".
Un obstacle de taille, "le centralisme romain"
Le pasteur Pierre Vonaesch, secrétaire théologique de la Fédération des
Eglises protestantes de la Suisse (FEPS), s’est pour une bonne part rallié
à l’analyse du cardinal Schwery à propos de l’évangélisation. Mais il voit
dans le "centralisme romain" un des grands problèmes pour l’évangélisation
en Suisse. Il s’est déclaré profondément blessé par la dernière lettre du
cardinal Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi,
"sur certains aspects de l’Eglise comprise comme communion".
C’est le paragraphe 18 de cette lettre aux évêques catholiques - qui affirme que tous doivent reconnaître la permanence du primat de Pierre dans
ses successeurs les évêques de Rome - qui a suscité sa vive réaction, estimant que l’on retourne ainsi à l’époque d’avant Vatican II. Le pasteur
Vonaesch estime qu’un tel texte va faire problème en Suisse pour une évangélisation commune, parce que les protestants ont aussi leurs "intégristes"
et leurs fondamentalistes qui vont tirer profit de cette lettre pour justifier leur attitude anti-oecuménique de toujours. Pierre Vonaesch souhaiterait que Rome fasse plus confiance aux conférences épiscopales locales pour
que l’on puisse résoudre les problèmes de façon pragmatique, sur le terrain.
Directeur du Centre orthodoxe de Chambésy (GE), le métropolite Damaskinos Papandréou a déploré que la vision de la "Maison commune européenne" de
tous les peuples chrétiens de l’Atlantique à l’Oural soit compromise par
l’ouragan des luttes intestines, notamment chez les peuples orthodoxes
d’Europe orientale. D’autre part, les Eglises, malgré leur déclaration commune lors de la rencontre oecuménique de Saint-Jacques-de-Compostelle l’an
dernier, essayent tout de même de tirer un "profit confessionnel" de la débâcle de l’autorité étatique dans les pays anciennement communistes.
Et de regretter le "prosélytisme masqué" voire ouvert qui s’exerce aux
dépens des peuples orthodoxes de ces régions, dont la cause est la résurgence des Eglises de rite byzantin unies à Rome (les uniates) et la pénétration de missionnaires protestants, souvent d’origine américaine, et dotés de moyens financiers considérables. En accord sur ce point avec les représentants catholique et protestant, le métropolite Damaskinos a lancé un
appel à dépasser les confessionnalismes pour que les chrétiens puissent se
concentrer sur l’essentiel, l’annonce de Jésus-Christ. (apic/be)