Parmi les innombrables visiteurs reçus par le pape François en 2024 au Vatican, quelques personnalités ont davantage retenu l’attention des médias. L’agence I.MEDIA propose une Rétrospective de ces rencontres.
Javier Milei, président argentin (12 février)
Arrivé au pouvoir en décembre 2023, le président de l’Argentine Javier Milei a été reçu par le pape François au Vatican le 12 février. S’il avait tenu des propos très critiques – et même injurieux – envers le pontife durant la campagne présidentielle, le chef d’État avait ensuite regretté certaines interventions et amorcé un rapprochement avec le Saint-Siège. La visite s’est finalement déroulée dans une atmosphère chaleureuse, les deux hommes échangeant embrassades et plaisanteries. Le président a tenté à plusieurs reprises de convaincre le pape de venir en Argentine, où il n’est pas retourné depuis son élection en 2013. Malgré une seconde rencontre entre les deux hommes lors du G7 en juin, le pontife a affirmé ne pas être certain d’être en capacité de faire ce déplacement dans les prochaines années.
Des humoristes et un compositeur star (14 juin)
C’est devant une assistance quelque peu inhabituelle que le pape François s’est exprimé dans la Salle Clémentine du Vatican le 14 juin. S’adressant à plus de cent humoristes venant du monde entier, il les a encouragés à continuer de faire «sourire Dieu» en apportant de la joie dans le cœur des gens. Le Français Manu Payet, mais aussi les stars américaines Chris Rock, Stephen Colbert, Whoopi Goldberg et Jimmy Fallon étaient de la partie. Autre «people» reçu par le pape cette année: le célèbre compositeur Hans Zimmer, le 7 décembre dernier. Le pontife voulait remercier le créateur des bandes originales de Pirates des Caraïbes, de Gladiator, du Roi Lion ou de Dune d’avoir accepté de participer au concert pour les pauvres organisé par le Vatican à l’approche de Noël.
Meloni, Biden, Macron ou encore Modi au menu du G7 (14 juin)
Invité par la présidente italienne Giorgia Meloni, le pape François a participé à la rencontre du G7 qui s’est tenue dans les Pouilles. Il a pu interpeller les chefs d’État du Royaume-Uni, des États-Unis, de la France, du Canada, du Japon, de l’Allemagne, de l’Italie mais aussi de l’Inde ou de l’Argentine sur les défis de l’intelligence artificielle. «Face aux prodiges des machines, qui semblent capables de choisir de manière autonome, nous devons être clairs sur le fait que la décision doit toujours être laissée à l’être humain», a-t-il insisté. Il a pu aussi s’entretenir en privé avec certains d’entre eux, notamment Emmanuel Macron. Les deux hommes se sont retrouvés le 15 décembre à l’occasion d’un voyage du pape François à Ajaccio, pour une rencontre de 45 minutes. Cette année, le pape a aussi rencontré un autre membre du G7, le chancelier allemand Olaf Scholz, qui est venu pour la première fois au Vatican.
Jeff Bezos, fondateur d’Amazon (15 août)
Le 15 août, le pape François a reçu Jeff Bezos et sa compagne Lauren Sanchez au Vatican. Leur rencontre a porté sur l’action en faveur de l’environnement, le 3e homme le plus riche du monde présentant au pontife son projet Bezos Earth Fund, fonds de 10 milliards d’euros devant permettre de financer des projets de défense de la planète. Lors de l’entrevue, le pontife aurait vanté l’importance de la culture et de la littérature pour «rester en contact avec l’âme humaine». En 2022, l’homme d’affaires s’était déjà rendu au Vatican pour recevoir le Galileo Prophets of Philanthropy Award. Durant son pontificat, le pape François a reçu de nombreuses autres personnalités du monde des technologies: Mark Zuckerberg (Facebook), Elon Musk (X, Tesla), Tim Cook (Apple) ou encore Éric Schmidt (Google).
17 victimes d’abus à Bruxelles (27 septembre)
Lors de son voyage en Belgique, le pape François est interpellé par le Premier ministre belge et le roi de Belgique sur la responsabilité de l’Église pour réparer «l’irréparable» en matière d’abus commis par des membres du clergé. Le soir même, le pape retrouve 17 victimes pour une rencontre qui va durer 2 heures. «J’ai parlé au pape comme s’il était mon agresseur», raconte ensuite à I.MEDIA Anne-Sophie, 44 ans, abusée par un prêtre à ses 10 et 11 ans. «Il n’en pouvait plus mais il continuait de m’écouter», ajoute-t-elle, parlant d’une rencontre bouleversante. D’autres victimes restent plus sceptiques. «Le fait qu’il nous dise: 'J’ai honte, je demande pardon, mon cœur saigne…’ Je m’en fous!», rapportera par exemple Jean-Marc Turine, abusé par quatre jésuites à partir de l’année 1959 et qui a quitté l’Église.
Zelensky pour la sixième fois (11 octobre)
«La question du retour de nos concitoyens en captivité a été au cœur de ma rencontre avec le pape François», a confié dans un tweet le président ukrainien Volodymyr Zelensky au sortir de son audience avec le pontife. Il s’agit de la sixième rencontre depuis 2020 entre les deux hommes, dont les relations ont pu sembler parfois distantes suite à l’offensive russe lancée en Ukraine le 24 février 2022. Après une entrevue en mai 2023, le président ukrainien avait récusé l’idée d’une médiation directe du Saint-Siège, en martelant qu’un plan de paix devait venir des Ukrainiens eux-mêmes. Cette année, Volodymyr Zelensky a surtout salué la diplomatie humanitaire déployée par le pape et le cardinal Mario Zuppi. «Nous comptons sur l’aide du Saint-Siège pour ramener les Ukrainiens qui ont été faits prisonniers par la Russie», a-t-il d’ailleurs indiqué dans son tweet. Les deux hommes se sont aussi croisés lors du sommet du G7.
Des anciens otages du Hamas (14 novembre)
Impuissant dans la guerre à Gaza, le pape François n’a eu de cesse d’appeler au cessez-le-feu et à la libération des otages en 2024. Alors qu’une soixantaine d’Israéliens se trouvaient encore à Gaza, le pape François a reçu au Vatican un groupe de 16 anciens otages et proches d’otages enlevés lors de l’attaque du 7 octobre 2023. L’initiative est saluée par la diplomatie israélienne qui fut parfois très critique vis-à-vis du Vatican. Quelques semaines plus tard, le pape François s’entretient avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas durant une trentaine de minutes. Au cours des échanges, le Saint-Siège rappelle ses positions traditionnelles: condamnation de toute forme de terrorisme, solution à deux États et statut spécial pour la ville de Jérusalem qui doit être «un lieu de rencontre et d’amitié entre les trois grandes religions monothéistes». (cath.ch/imedia/hl/cd/mp)