"Une année tourmentée""
Rome/Milan, 29décembre(APIC) "Une année tourmentée de fragmentations, de
suprises désagréables, durant laquelle l’effort pour vivre et faire l’unité
entre tant de fragments s’est revélé plus dur que dans les années précédentes". Tel est le bilan global pour 1992 du cardinal Carlo-Maria Martini
dans une interview publiée mardi dans le "Corriere della Sera".
L’archevêque de Milan cite entre autres l’incapacité de l’Europe d’arriver "avec agilité" à l’unité. Le ralentissement du processus européen, les
difficultés que rencontre l’unification de l’Allemagne, la difficile approbation du traité de Maastricht s’ajoutent aux problèmes de l’Est, en particulier le drame de l’ex-Yougoslavie. Ces événements sont emblématiques
d’une Europe qui ne parvient pas à trouver des solutions, note le président
du Conseil des Conférences épiscopales européennes (CCEE).
La sécession des pays de l’Est n’a pas apporté de maturité, remarque Mgr
Martini, mais au contraire, on a reproduit les mêmes divisions ethniques
qu’il y a 50 ou 70 ans.
Du côté des épisodes positifs, le cardinal souligne "un fort sens de la
solidarité" suscité par les souffrances de l’ex-Yougoslavie, de la Somalie
ou de l’Albanie. "Les gens sont sensibles, souffrent et voudraient aider.
Il y a beaucoup de générosité". Le prélat insiste aussi sur le courage de
l’Eglise de l’Amérique latine d’entreprendre une réflexion sur soi à St-Domingue avec le pape. Parmi toutes les expériences, celle de l’Amérique latine est la plus mûre du point de vue de la conscience de soi de l’Eglise.
Dans une seconde partie, Mgr Martini revient plus en détail sur la situation intérieure de l’Italie avec notamment le scandale de la corruption,
découvert en particulier à Milan. (apic/jt/mp)