«Personne ne dit que les États-Unis doivent avoir des frontières ouvertes», mais chaque migrant doit être traité «de façon humaine» a déclaré Léon XIV. Il s’exprimait devant les journalistes qui l’ont interrogé dans la soirée du 18 novembre 2025 à la sortie de sa résidence de Castel Gandolfo où il venait de passer une journée de repos.
«J’ai beaucoup apprécié ce que les évêques américains ont dit», a assuré Léon XIV, après le message de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), au terme de leur récente assemblée plénière. Ils y ont exprimé leur opposition aux expulsions de masse de migrants organisées par le gouvernement Trump.
«J’invite spécialement tous les catholiques mais aussi les personnes de bonne volonté à écouter attentivement ce qu’ils ont dit», a insisté le pape natif de Chicago. «Je crois que nous devons trouver des voies pour traiter les gens de façon humaine, avec la dignité qu’ils ont», y compris «les gens qui sont rentrés aux États-Unis illégalement.» Léon XIV a invité à faire confiance aux tribunaux et aux procédures légales. Il s’est exprimé de façon nuancée, en estimant que «chaque pays a le droit de déterminer comment et quand les gens entrent». Mais il a regretté de voir que des gens qui mènent une «bonne vie» et sont installés aux États-Unis «pour certains d’entre eux depuis 15 ou 20 ans», ont été traités «d’une façon qui est extrêmement irrespectueuse, c’est le moins que l’on puisse dire», avec des cas de violence.
Les violences au Nigeria
Concernant le Nigeria, un pays qu’il a personnellement visité à plusieurs reprises en tant que prieur général des Augustins, le pape a reconnu que «dans certaines régions, il y a bien sûr un danger pour les chrétiens, mais pour tout le monde. Des chrétiens et des musulmans ont été tués», a rappelé le pape. Il a souligné que le terrorisme était essentiellement lié à des questions économiques comme «le contrôle des terres». «Malheureusement, de nombreux chrétiens sont morts, et je crois que c’est très important de chercher une voie, pour le gouvernement et pour tout le monde, pour promouvoir la liberté religieuse», a insisté Léon XIV.
Interrogé sur la cession de territoires ukrainiens à la Russie, le pape a répondu que ce serait à l’Ukraine d’en décider, et non pas à des acteurs extérieurs. «La Constitution de l’Ukraine est très claire», a redit Léon XIV, faisant allusion à l’interdiction qu’elle pose sur la remise en cause des frontières. «Malheureusement, des gens meurent tous les jours», a déploré le pontife. Il a rappelé qu’il fallait « insister pour la paix, en commençant par le cessez-le-feu, et ensuite, dialoguer».
Abus: respecter le rythme de la justice
Interpellé au sujet du cas de l’évêque de Cadix en Espagne, accusé d’abus sur mineurs mais toujours en poste, le pape a répondu qu’il y a «pour chaque cas, une série de protocoles qui sont clairement établis». Dans ce cas précis, l’évêque «a insisté sur son innocence», a-t-il rappelé. Néanmoins, «une enquête s’est ouverte, il faut que l’enquête suive son cours, et selon les résultats, il y aura des conséquences», a assuré Léon XIV.
Le pape a espéré que les victimes «puissent toujours trouver un lieu sûr où parler, présenter leurs cas», mais il a aussi invité à «respecter les procès qui nécessitent du temps, en suivant les pas indiqués par la justice de l’Église, dans ce cas».
La probabilité d’un voyage en Amérique latine
Le pape aimerait «évidemment» se rendre en Amérique latine, a-t-il confirmé à un journaliste hispanophone l’interrogeant sur ses prochains voyages. Il a mentionné des projets de déplacements en Argentine, en Uruguay et «bien sûr» au Pérou, évoquant aussi son intention de visiter les sanctuaires de Guadalupe, au Mexique, et de Fatima, au Portugal. «Je serais ravi de voyager, le problème est de programmer cela avec les autres engagements», a expliqué Léon XIV. «Durant l’année du Jubilé, nous avançons en vivant chaque jour, chaque activité, et, l’année prochaine, nous allons maintenant la programmer peu à peu», a-t-il assuré, laissant donc entendre que l’année 2026 sera riche en voyages.
Concernant ses désormais traditionnelles journées du mardi à Castel Gandolfo, le pape a expliqué qu’elles incluaient «un peu de tennis, un peu de piscine» et du repos, mais qu’il continuait à travailler pour traiter les correspondances les plus urgentes et prendre des appels téléphoniques. «Chaque être humain, pour bien se soigner, devrait faire des activités pour le corps et l’âme, les deux ensemble», a précisé le pape. Il a expliqué que cette «pause durant la semaine» était une habitude qui «aide beaucoup». (cath.ch/imedia/cv/rz)