Mgr Murphy-O’Connor, représentant du Vatican (040888)
Canterbury, 4août(APIC/Robert Nowell) Il existe depuis 17 ans des femmes
prêtres dans l’Eglise anglicane aux Etats-Unis, dorénavant elles pourront
être sacrées évêques. La décision finale reviendra cependant à chaque province. C’est ce qu’ont décidé à une majorité écrasante les évêques anglicans réunis à la Conférence de Lambeth. "Une décision qui est lourde de
conséquences, surtout dans le dialogue avec l’Eglise catholique romaine
pour laquelle reconnaître la consécration de femmes évêques est absolument
impossible" a déclaré Mgr Murphy-O’Connor, évêque de Arundel et Brighton.
Prenant actuellement part à la Conférence de Lambeth, en tant qu’observateur du Vatican, il a été interviewé par l’agence APIC afin de connaître la
position de l’Eglise catholique sur le brûlant sujet de l’épiscopat des
femmes anglicanes à la lumière de la foi catholique.
APIC : Comment jugez-vous la décision récente prise par les évêques anglicans de la Conférence de Lambeth?
Murphy-O’Connor: Le jugement de cette décision est partagé. Personne ne
pourrait en être satisfait si la communauté anglicane avait été totalement
divisée sur la question. La solution de compromis que les évêques anglicans
ont trouvées prouve le contraire. Je ne peux que regretter l’effet de cette
décision. Elle n’affaiblit pas seulement l’unité de la communauté anglicane, mais compromet sérieusement le dialogue avec l’Eglise catholique romaine. Accepter l’épiscopat des femmes rend plus pressante la question de
l’accès des femmes à la prêtrise. Question qui déjà représente un obstacle
à la réunification. La consécration d’une femme évêque est beaucoup plus
difficile, car l’évêque est le noyau de l’unité à l’intérieur même d’un
diocèse et pour les relations interdiocésaines.
Ne peut-on pas accepter que la communauté anglicane joue un rôle avantcoureur. N’avait-elle pas introduit la première la liturgie en langue vulgaire pour l’Eglise d’Occident ?
Certains problèmes affectent l’unité de l’Eglise de façon particulièrement importante. Ainsi chaque changement a besoin d’être largement approuvé, de sorte qu’elle ne soit pas en contradiction avec l’Ecriture Sainte et avec la tradition. La consécration des femmes au sacerdoce ou à
l’épiscopat compromet la validité du sacrement et l’unité de l’Eglise. D’ou
l’importance de la question.
Dans l’Eglise catholique et les Eglises la hiérarchie comportent des
évêques, connaissent une évolution: les décisions finales quant à la volonté du Christ et de l’Eglise lors de divergences sur des questions modonnée évêque, l’authenticité de la dernière instance de décision se trouve
déjà amoindrie, si la validité de leur position en tant qu’ évêque ne peut
pas être reconnue.
Les questions d’autorité seront plus problématiques
La question de l’ordination des femmes est à l’ordre du jour de la
deuxième commission internationale anglicans-catholiques romains (ARCIC
II). Le dialogue est-il entravé par cette décision?
La décision va amplifier la difficulté vu que le problème de l’autorité
à l’intérieur de la communauté anglicane est reléguée au premier plan. Si
déjà l’unité entre les évêques de l’Eglise anglicane est affaiblie, la position de l’Eglise catholique romaine, sur la question de l’autorité, sera
d’autant plus problématique. Mais nous devons accepter la communauté anglicane telle qu’elle est. Le dialogue se poursuivra en tenant compte de cette
nouvelle décision tombée lors de la Conférence de Lambeth.
(apic/kna/ws/bcy)