Milan, 8janvier(APIC/CIP) C’est une tâche très délicate que le pape a
confiée à Mgr Michel Sabbah, le nouveau patriarche de rite latin de Jérusalem. Ce dernier, qui a reçu l’ordination épiscopale des mains du pape ce 6
janvier, s’en ouvre dans une interview accordée au quotidien milanais de
centre-gauche "Corriere della sera" (plus de 600.000 exemplaires).
"J’ai demandé à Dieu, déclare Mgr Sabbah, d’accorder la paix à la Terre
Sainte, là ou il a voulu s’incarner et réaliser la Rédemption du monde...,
de lui donner la force de contribuer, malgré ses limites, à la construction
de la paix."
"Le Saint-Père a estimé que j’avais les qualités requises, ajoute Mgr
Sabbah, mais moi je ne sais pas si je suis vraiment capable, car il s’agit
d’un travail immense et délicat. Construire la paix en Terre Sainte, c’est
un objectif que les hommes politiques et tant d’autres n’ont pu réaliser
depuis tant d’années et jusqu’à aujourd’ hui. Je ne pense pas avoir plus de
capacités qu’eux. C’est la raison pour laquelle j’interroge le Seigneur
quant à mes capacités de réussir dans cette mission. Pour parvenir à des
résultats vraiment positifs, il faudra qu’il (Dieu) m’accorde une grâce
spéciale."
"Je ne suis pas un emblème"
"Le peuple palestinien, explique encore Mgr Sabbah, ne s’attendait pas à
cette première : de but en blanc, un évêque palestinien pour l’eglise de
Jérusalem. Je crois que le peuple a vu en moi un symbole. Mais moi, en réalité, je ne veux pas être un emblème. Je veux être un homme qui vit avec
tous les autres hommes, qui vit leurs problèmes et qui cherche honnêtement
une paix sincère."
Le nouveau patriarche avoue ignorer quelle sera sa contribution à la
paix. "Mais, en principe, je serai l’homme qui doit annoncer et renforcer
les valeurs humaines sur lesquelles tous les hommes doivent s’accorder,
déclare-t-il. Si le peuple croit de facon homogène en quelques valeurs
supérieures, alors pourra-t-on probablement, à partir de ces valeurs,
s’acheminer vers une paix réelle, sincère et juste."
Dans une considération générale finale, Mgr Sabbah déplore que l’humanité soit dominée par le pouvoir, l’argent, les armes, la force. Comment
rompre cette spirale ? "Une conversion de toute l’humanité est nécessaire,
répond-il, car partout domine la même logique de la force : c’est le plus
fort qui domine. Il vaut toujours revenir au commandement du Christ, à la
charité, à l’amour du prochain et de Dieu, qui est le premier commandement.
si chacun croyait en l’amour sincère, la vie serait idéale. Mais quand
l’humanité acceptera-t-elle cette confiance réciproque ? Le problème est de
savoir ce qu’il faut faire pour que ce concept d’amour, de charité et de
justice soit accueilli par l’homme, dans chaque partie du monde, y compris
la terre Sainte." (apic/cip/bd)