qui secouent le Brésil - Leonardo Boff: "Un cas à part"
Rome, 21novembre(APIC) Une mise au pas de l’Eglise brésilienne? Attention
à l’amalgame, avertit Mgr Luciano Mendes de Almeida, président de la Conférence national des évêques brésiliens (CNBB), interrogé par l’agence catholique italienne ADISTA sur les différentes "affaires" qui secouent l’Eglise
dans son pays en raison, notamment, d’une série d’interventions romaines.
Mgr Mendes de Almeida préfère aborder chacune des difficultés au cas par
cas. Tout d’abord la suppression du séminaire et de l’institut théologique
créés par Dom Helder Camara à Recife à l’époque où il dirigeait l’archidiocèse. Ce sont les évêques de la région qui, dit-il, il y a deux ans, ont
envisagé une étude sur la localisation des deux institutions, avant de proposer au Saint-Siège d’examiner la situation, explique Mgr Mendes de Almeida. "Une fermeture a également été envisagée, ajoute-t-il. Le Vatican a
proposé de redistribuer ailleurs les séminaires ou d’ouvrir un autre séminaire".
L’affaire Leonardo Boff, qui, selon certaines informations vient de se
voir imposer une nouvelle année de silence, constitue "un cas à part", commente le président de la CNBB, qui avoue: "Lui-même offre des explications
aux questions qui lui sont posées. Je ne sais pas exactement quelles sont
les objections qui lui sont faites en cette occasion. Mais je suis sûr que
le Père Boff pourra, cette fois encore, expliquer son point de vue. Il ne
s’est du reste jamais opposé à ce que ses oeuvres soient examinées par le
Saint-Siège".
Evêque auxiliaire de Sao Paulo durant douze années, Mgr Mendez de Almeida est particulièrement bien placé pour donner son avis sur la restructuration de l’archidiocèse du cardinal Arns, envisagée déjà sous le pontificat
de Paul VI. "A mon avis, dit-il, l’important est de savoir que l’unité de
l’archidiocèse est préservée dans la mesure où les neuf évêques appartiennent à une même province et pour autant qu’ils cherchent à adopter une vision pastorale commune".
Rechercher une ligne commune
Sur la question des nominations épiscopales, qui iraient dans le sens
d’un renforcement de l’aile "concervatrice" de l’épiscopat bréilien, Mgr
Mendes de Almeida s’insurge contre le schéma simplificateur, "fruit d’une
analyse menée de l’extérieur", qui, selon lui, consiste à coller une étiquette - "progressiste", "conservateur", "modéré" - aux pasteurs. Il ne nie
pas que certains évêques sont "ouverts aux requêtes socio-politiques", tandis que d’autres sont "préoccupés de sauvegarder la tradition". En ce qui
concerne les noms des candidats, "ils sont toujours proposés par les diocèses, ajoute-t-il. Mais il est difficile de suivre le parcours d’une nomination, car il arrive qu’un candidat refuse sa nomination".
Mgr Mendes de Almeida ne conteste pas non plus le fait que, face à l’extrême misère d’importantes couches de la population, les évêques adoptent
des positions très différentes. "C’est bien là que réside le véritable problème, déclare-t-il. Nous avons des évêques qui, travaillant dans des régions urbaines où règne une grande pauvreté ou dans des régions rurales caractérisées par une forte migration, adoptent des positions avancées. Ce
n’est pas le cas là où les situations sont autres, les problèmes étant vus
avec moins d’urgence. Cela veut dire qu’il est nécessaire d’intensifier les
rapports, afin de rechercher une ligne commune". (apic/cip/pr)